LES DOMAINES ROYAUX ET L'ORDONNANCE DU 27 JUILL
réalisation beaucoup moins facile qu'elle ne l'avait été dans les années précédentes. En Poméranie et dans les Marches, on avait lié très heureusement l'acquisition de la propriété à la suppression des corvées. Ici, il s'agissait de l'imposer isolément par une disposition législative. Et à quel moment! On allait retirer aux paysans, en leur concédant la propriété, les secours considérables qu'ils recevaient du domaine, — et cela, à l'heure où la guerre les avait ruinés, leur rendait cette aide plus nécessaire que jamais, et les mettait dans l'impossibilité de verser les redevances en argent que l'on exigeait d'eux*. C'était leur faire payer cher * un droit nouveau dont ils appréciaient mal les avantages. Schôn, consulté en même temps que la commission immédiate, et toujours dan? le même cours d'idées théoriques', n'hésitait pas; il voulait que l'on expulsât les paysans trop misérables pour faire face à la situation, et que l'on installât à leur place de nouveaux propriétaires *. Mais Stein, d'accord avec Schrôtter, se montra plus humain ^
L'ordonnance du 27 juillet 1808^ conféra aux paysans des domaines prussiens le droit de propriété', mais leur continua, pendant deux ans encore, les secours de tout genre qui provenaient du domaine^. Même atténuée dans cet esprit d'humanité, cette mesure, si salutaire pour l'avenir, présentait dans le présent une rigueur extrême. Elle ne s'appliqua point sans difficultés. Wlômer, en présence de la réalité, eut jusqu'en 1811 plus d'une inquiétude'; et ce fut seulement après la période transitoire, lorsqu'on 1812 la mesure eut porté ses fruits, qu'il put concevoir quelque orgueil d'avoir contribué à créer en Prusse 30 000 propriétaires libres ".