‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 411 sur 570 · Knapp, I, p · texte numérisé non relu

Knapp, I, p

but de toute l'organisation ancienne, la base de l'existence de la propriété noble et privilégiée, et le poids le plus lourdement ressenti par la population rurale*.

Le ministère de Stein entreprit une œuvre beaucoup plus fondamentale le jour où, sur les domaines, mais sur les domaines seulement, il résolut de modifier cette organisation.

Nous nous souvenons que la transformation en était engagée déjà depuis les premières années du règne de Frédéric-Guillaume III. Lorsque, dans la Poméranie et dans les Marches, on avait substitué, sur le domaine royal, des redevances annuelles aux corvées, aux services en nature, on avait fait fort habilement de la concession de la propriété, à laquelle les paysans tenaient relativement peu, une condition de la suppression des charges, à laquelle ils tenaient beaucoup; on avait ainsi constitué sur les domaines des deux provinces une classe nombreuse de paysans propriétaires.

Quoique limitée à une partie du territoire, l'entreprise engagée dans les provinces centrales avait eu une importance considérable, car elle touchait bien au fond même de la réforme agraire*.

Sur les domaines royaux de la Poméranie, et aussi des Marches, la réforme était fort avancée lorsqu'éclatèrent les événements de 1806 ^ Les autres provinces étaient demeurées fort en retard *; mais l'entreprise reçut en 1808 une nouvelle et décisive impulsion.

Ce fut un des fonctionnaires inférieurs de la hiérarchie, Wlômcr, qui, dans un écrit anonyme S'idressé à Stein, appela son attention sur la nécessité d'étendre la réforme aux provinces prussiennes, et d'y constituer, sur le domaine tout au moins, une classe de paysans propriétaires. Tant il est vrai que la transformation sociale sortait de la force même des choses et de l'état général des esprits, plus que d'un plan préconçu dans l'esprit de Stein.

Mais la situation créée par la dernière campagne en rendait la

1. Marwitz, I, p. 295. — Voir l'étal de ruine tics tenanciers, Knai'p, II, p. m.

2. Lkiima»», Knesetifck und Schôn, p. 108. — UASsKwtTZ, Die Kurmmk liramiebutfj in Oclulfr 1S06, p. 42S. — L. Kiuio, Gi'sc/iir/iti' ilnr slaatswirl.icliafUichen Ge.iflzf/'-huH;/ in l'vfussrn, I, p. 411. — IjKTTE und Honnk, Die Landes-Kidturijeietzyf^iunf) des pteituaixc/ien Staale.t, I, EiUritunçf, p. 11,

3. Kmai'P, I, p. lO."». Sur les (loinaincs d» la Marclie Klerlnraic, rinstniolion d^îliiiiliv»; n'«!st ci-pciidaiit t\w «lu "> mai 1800. Kmai-p, II, p. i:i2. — Hasskwh/., Die Kunnnvk Itrnntli'nhurg in Octuôcr tS06, p. V.\2. — On no s'oecupo en 1808 ([iio dcH prnvitMM'U prusHionnes. K>app, 11, p. ln.'l.

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