L'ORIGINE DES IDÉES DE RÉFORME
à quelque exaltation, l'action du temps et des événements, et la formation même des idées qui devaient présider à la réforme militaire.
Nous avons de lui un écrit, daté de 1792, où il défend ' les armées permanentes contre le courant d'idées humanitaires qui en sapait, à cette date, en Allemagne, assez vigoureusement l'existence '. Très attentif au mouvement politique de son époque, très hostile à la Révolution française, il rattache ses idées sur les armées permanentes à des conceptions plus générales et très arrêtées. Dans les régimes démocratique et aristocratique, dit -il, l'idée de l'intérêt général disparaît ; chacun ne songe plus qu'à soi. Il combat l'idée de la « nation armée », opposée aux armées permanentes \ Il faut, dit-il, pour la conduite de la guerre, des connaissances et une expérience qui ne s'acquièrent pas en un jour. Et, vers la même époque, répondant à Berenhorst *, qui voyait dans le patriotisme et dans le sentiment de l'honneur les ressorts les plus puissants de la guerre : « On ne voit aller au combat », écrivait Scharnhorst *, « que ceux que la force y pousse; et les causes des guerres sont toujours les mêmes : l'instinct naturel à l'homme de la destruction réciproque ».
Quelques années plus tard, l'action des armées révolutionnaires démontrait que le régime démocratique n'était point incompatible avec le sentiment de l'intérêt général, ni voué fatalement à l'individualisme. Elles manifestaient, aux yeux de tous, la puissance invincible des armées nationales et la force incalculable que pouvaient donner, à l'expansion militaire des nations, les idées qui les pénétraient et les soulevaient dans leurs couches profondes. Elles établissaient, en un mot, l'action des forces morales dans les succès militaires; et après léna, ce problème ardu de la psychologie du champ de bataille était devenu, pour les Prussiens, une question pratique, de l'intérêt le plus vital.
Treize ans après avoir écrit la page que nous venons de citer, en