‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 436 sur 570 · YORK ET MARWITZ · texte numérisé non relu

YORK ET MARWITZ

qu'a brillé l'institution de l'ancienne chevalerie. Les savants, les prêtres, les jurisconsultes, les rois (surtout l'industrie et l'invention de la poudre, ajoute Marwitz entre parenthèses), sont parvenus à faire disparaître ce beau monument. » Et il termine par un parallèle enthousiaste entre l'ancienne chevalerie et le corps d'officiers de Frédéric II *.

Ces théories ne pouvaient guère se retrouver, après léna, que sous la plume d'un hobereau, et York lui-même* se chargeait de répondre à Marwitz, dans ses plaintes sur la dégénérescence de la noblesse prussienne, sur cet esprit de spéculation qui s'était emparé d'elle, qui, particulièrement pour la petite noblesse des Marches, avait brisé ses attaches à la terre et l'avait rendue mobile comme le sable. « Depuis que la noblesse des Marches », écrivait York, « a mis de côté l'épée et l'éperon pour peser l'or dans ses balances, elle s'est perdue elle-même ; il est trop tard pour la sauver. »

Cette opposition violente de l'esprit de caste, qui s'alUait à un patriotisme un peu étroit, mais très ardent, avait d'ailleurs plus de ténacité et de vivacité que d'étendue ^ Les réformateurs avaient, en somme, pour eux, le courant de l'époque *; et les idées dont ils étaient les représentants ne dataient ni d'Iéna ni de Tilsit.

Dès les premières années du siècle, même auparavant, sous le règne de Frédéric-Guillaume II, la nécessité d'une transformation radicale dans l'organisation de l'armée prussienne, avait été plus d'une fois ressentie ^ Riichel avait proposé, dès 1802, au roi, une refonte "complète de l'organisation militaire; notamment, la suppression des exemptions du recrutement.

En avril 1806, avant la guerre, au moment où le parti national commençait ses premières démarches, Scharnhorst proposait au duc de Brunswick la création d'une milice nationale, projet que les conseillers du roi écartaient assez sommairement *.

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