RÉFORMES DANS L'ORGANISATION DE L'ARMÉE
début, à la commission, et lorsque celle-ci proposa une réorganisation rationnelle de l'administration militaire *, l'institution d'un ministère de la guerre partagé en deux déparlements, l'un pour les affaires militaires, l'antre pour l'administration de l'armée, le roi ne se résolut à accepter ces propositions qu'au mois de juillet 1808. Encore donna-t-il une preuve nouvelle de ses méfiances en n'attribuant à Scharnhorst que le premier de ces deux départements et le second à Lottum, un adversaire des réformes, organisant ainsi le désordre au sein du nouveau ministère *.
Il fallait encore porter la main sur les fondements mêmes de l'ancienne organisation. Le chef de la compagnie, le chef du régiment, qui n'en étaient souvent pas les commandants effectifs, étaient demeurés, vis-à-vis de l'État, comme autant d'entrepreneurs dont la situation rappelait encore, par plus d'un trait, le temps des lansquenets ^ Si le chef du régiment ou de la compagnie ne nommait plus les ofliciers, il touchait encore les sommes fixées à forfait pour alimenter son corps par le recrutement des mercenaires; le chef de la compagnie avait à rembourser à son prédécesseur le matériel dont il était censé propriétaire \ 11 touchait de même les sommes lixées à forfait pour le petit équipement et l'entretien de ses troupes ^. Lorsque Frédéric II tenta, par une première réforme, de faire rembourser les frais du recrutement des mercenaires sur des listes présentées par les intéressés, on lui apporta des listes falsilîées '. Les officiers multipliaient de même les congés; car ils touchaient les allocations de l'État, non d'après le nombre des hommes réellement présents, mais d'après des effectifs théoriques fixés une fois pour toutes \ Plus ils affaiblissaient leurs corps, plus ils réalisaient de bénéfices. Enfin
1. Plan général de réorganisation de l'administration centrale du 25 août 1808. Pektz, Steifi, II, p. 123. — Plan d'organisation du 23 novembre 1807. Leumann, Sckarnhoi^st, 11, p. 134.