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RÉSULTATS DE LA RÉFORME

faiblesse et les méfiances du souverain, ils se croyaient à la veille d'un soulèvement national. C'est sous l'influence de ce premier réveil*, avant-coureur de la guerre nationale de 1809, qu'ils réussirent à obtenir la signature de Frédéric-Guillaume III pour quelquesunes des mesures qu'ils proposaient, et qui se rattachaient à un plan de mobilisation contre la France ^

Les résultats qu'ils avaient obtenus étaient minces sans doute'. L'accès du corps d'ofliciers ouvert à toutes les classes sociales, conquête plus théorique que réelle *, — quelque adoucissement dans la condition du soldat, — la suppression du recrutement des mercenaires, — et l'échec de tous les projets d'armée nationale ^ tel était le bilan de la réforme militaire, lorsque la convention de septembre 1808 et la retraite de Stein livrèrent de nouveau la Prusse désemparée à la domination française, et engagèrent la politique prussienne dans une voie nouvelle. Toutefois la nécessité de préparer et d'instruire, par un passage rapide dans les rangs de l'armée permanente, le plus grand nombre d'hommes possible, avait imposé des mesures qui ressemblaient singulièrement à l'organisation d'une milice nationale. Les nécessités nouvelles avaient vaincu, par la force même des choses, la résistance des éléments traditionnels, et les faits avaient une fois de plus triomphé des édits.

C'est un trait frappant de la réforme militaire, un trait où se retrouve toute l'action de la Prusse sur le génie allemand, que l'idéalisme des chefs militaires et leurs conceptions aventureuses n'aient point exclu l'esprit pratique *.

Ils s'en tinrent, beaucoup moins que les réformateurs politiques, aux manifestations, et se trouvèrent, beaucoup plus qu'eux, par la nature même du but qu'ils se proposaient, obligés à poursuivre la réalisation immédiate et palpable des principes qu'ils proclamaient.

i. Ans den Papier en Sciiôis's, I, p. 51.

2. Haeussek, lil, p. 159. — Lehman.n, Scharnhorst, II, p. 190.

3. Theitschke, I, p. 294. — Voir les exagérations de Haeusser, III, p. 164, de Pertz, II, p. 188, de Leumann, Scharnhorst, II, p. 124, à propos des ordonnances du 3 août 1808 : une nouvelle ère. Die Klufl zwischen Adel und Bûrgerthum war geschlossen; siegreich erhob sich ûher den sUindischen Slaat der nationale.

4. Tkeitschke, I, p. 294. — Erinnerungen ans dem Leben des Feldmarschall's VON BOYEN, I, p. 316.

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