‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 469 sur 570 · Ernst Meier, p · texte numérisé non relu

Ernst Meier, p

facilement, des sujets unissant le talent à la bonne volonté; mais ceux-là seront arrêtés par le manque de ressources. »

Stein, cependant, tenait à son idée; elle passa dans l'ordonnance. Mais les faits prirent leur revanche; l'organisation imaginée par Stein ne put être réalisée. Ces « représentants de la nation », présentés au roi par les États provinciaux, dont on n'avait pas remanié la constitution, n'eussent représenté, en réalité, que l'aristocratie foncière, et celle-ci ne songeait point à se prêter aux réformes du premier ministre; lorsqu'on voulut appliquer l'ordonnance, les États de la Marche Électorale accumulèrent les objections; la présentation n'eut point lieu ',

Il restait en somme fort peu de chose de la réforme de l'organisation provinciale.

C'est, qu'en réalité, pour assurer ce que Stein appelait l'administration du pays par le pays, il eût fallu porter la main sur la constitution élémentaire de la société *. Tant que l'on n'allait pas chercher l'oligarchie dans ce dernier refuge, où elle était demeurée souveraine, les remaniements, que l'on opérait aux degrés supérieurs de l'échelle administrative, ne pouvaient avoir d'autre mérite que d'apporter un peu plus d'ordre dans le fonctionnement du mécanisme. La question politique que soulevait la réforme administrative fut tfès nettement posée à Stein ^. Les esprits ardents et expérimentés qui l'entouraient ne pouvaient manquer, dans ces travaux où tant d'idées furent remuées, de mettre le doigt sur la plaie. Mais si la question fut nettement posée, Stein se refusa à la résoudre.

1. Ersst Mecer, pp. 247, 249, 270, 271, 277. Elle eiil lieu seulement dans la Prusse orientale, où le conflit des représentants oligarchiques avec l'administration fut immédiat. — Treitschkk, 1, p. 384. — Boknhak, 111, p. 6. — Treitscuke, Verfassunf/sgeschichle in Preussen, I, p. 33i.

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