‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 473 sur 570 · LE DROIT DE POLICE SEIGNEURIALE · texte numérisé non relu

LE DROIT DE POLICE SEIGNEURIALE

Il semble, qu'en dépit des préjugés allemands contre la centralisation française, la seule méthode pour remédier à ces faiblesses, eût été d'achever l'évolution qui, dans la formation hâtive de l'État prussien, s'était arrêtée avant d'être accomplie. Le seul moyen d'écarter ces intermédiaires qui interceptaient à leur profit les fonctions de la souveraineté, n'était-il point d'achever jusqu'à ses dernières ramifications cet organisme d'État centralisé ', qui n'avait été qu'ébauché? N'était-ce point là la transition obligée entre la féodalité du moyen âge et la démocratie moderne, et n'y avait-il point quelque contradiction à vouloir émanciper politiquement les derniers éléments sociaux, avant d'avoir brisé, sous le niveau pesant de la centralisation, le despotisme à mille têtes de l'aristocratie foncière*?

Les réformateurs prussiens qui entouraient Stein ne le pensèrent point. Ils étaient tout imbus des idées de la décentralisation aristocratique, et c'était vers les modèles anglais qu'ils avaient les yeux tournés. Vincke surtout, dans son mémoire du A juin 1808 ', proposait de copier fidèlement l'organisation anglaise *.

Dans le cercle, on aurait plusieurs Landràthe *, — c'étaient les justices of peace, — désignés par le roi parmi les propriétaires fonciers d'un revenu de 1 500 francs (AOO thalers), ou parmi les capitalistes d'un revenu de 3 000 francs (800 thalers), exerçant gratuitement leurs fonctions, tenant en commun des sessions trimestrielles. Ils se substitueraient, en matière judiciaire, aux justices seigneuriales comme aux anciens tribunaux d'État, dont l'éloignement et le formalisme entravaient le fonctionnement. Ils se partageraient, dans le cercle, toutes les attributions administratives, les travaux d'utilité publique, l'assistance publique, la police, etc. '.

Au-dessous de ces Landràthe à attributions étendues, la commu-

Gehieten des deutschen Ostens. die den HauptbestnuUheil des preusshchen Staales, insbesondere in damaliger Zeit, bildelen. In denisflben Maaxxe, als das Shïndethum in Preussen, frûher als irgendwo sonst, aus derCentral-und Provinzialregierung verdrCingt war, machle sich dasselbe nuf den unteren Stufen des Staatstebens gellend. Ernst Meikr, p 115. — R. G>eist, Die Denkschriften des Freiherrn vom Stein (Preussische Jahrbùcher, XXXVUl, p. 264).

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