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LES THÉORIES POLITIQUES EN ALLEMAGNE ET EN FRANGE

Révolution française poussait à masquer les emprunts qu'ils lui faisaient '. Cette opposition, dès lors sensible, s'est accentuée dans tout le cours du xix« siècle. A l'époque la plus récente ', l'école historique allemande s'attache avec une ardeur extrême à creuser un abîme entre les conceptions politiques de l'une et de l'autre nation. Et, dans cette œuvre qu'elle poursuit avec tant d'insistance, elle ne recule pas devant les thèses les plus contradictoires.

Tantôt la France est la nation qui a inscrit la Déclaration des droits au seuil de la Révolution française, dominée par les préoccupations d'un individualisme ^ qui songe aux droits du citoyen plus qu'aux devoirs et aux sacrillces que lui impose la conservation de l'État. Les historiens prussiens n'ont pas alors assez de sarcasmes pour les théories radicales du droit naturel, pour les idées de justice sociale qui sont l'honneur de la France, pour son « libéralisme constitutionnel * ». Ils opposent la notion ^ de l'État, lentement mûrie sur le sol prussien, « l'impératif catégorique du vieux sentiment du devoir prussien », non seulement aux tendances individualistes et cosmopolites de l'Allemagne du xviii" siècle, aux théories du droit naturel proclamées par Kant, et dont Schôn était le représentant dans le groupe des réformateurs *, mais aussi aux tendances analogues du Contrat social, de la Déclaration des droits de l'homme, et de la Révolution française ^

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