LA SITUATION EN EUROPE
dit-il en parlant des affaires d'Espagne, « que nous devons ce changement surprenant. »
Il est donc vraisemblable que les nouvelles d'Espagne, se succédant de mai jusqu'en juillet et en août ', amenèrent progressivement les patriotes prussiens à concevoir exactement la portée et le caractère de l'insurrection espagnole, dans le courant du mois de juillet.
La situation en Autriche n'était pas moins faite pour attirer leur attention '. Bien avant les événements d'Espagne, la monarchie des Habsbourg avait été le théâtre d'un mouvement tout nouveau. Dès l'automne de 1807 ', les commandants des troupes françaises, établies en Silésie, et dans le voisinage de la frontière autrichienne, avaient signalé à l'Empereur la reconstitution de la puissance militaire de l'Autriche. Les décrets de mai et de juin 1808 *, qui avaient constitué et appelé les milices, étaient une manifestation publique de cette agitation, et des pensées qui animaient le gouvernement de Vienne. Malgré la faiblesse et l'étroitesse traditionnelles de ce gouvernement, auquel la présence et la direction de Stadion ne suffisaient point à donner la vie ni la largeur des idées, il semblait qu'un mouvement national se dessinât sur ce sol ingi'at et morcelé '. Les volontaires venaient s'inscrire en foule. Il devenait évident que la monarchie autrichienne emploierait à un nouvel effort les forces que lui avaient encore laissées quinze ans de guerre, ses défaites et la paix de Presbourg. Dès la lin de mai, peut-être même avant, Napoléon avait envisagé la possibilité d'une rupture", et dès le mois de juin, on considérait comme possible, à Saint-Pétersbourg, une guerre entre la France et l'Autriche.
A Kônigsberg ^ on était fixé d'une façon plus certaine encore sur les projets de l'Autriche; car Stadion avait fait, dès le 18 juin, des