‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 490 sur 570 · Hassel, I, pp. 181, d · texte numérisé non relu

Hassel, I, pp. 181, d

7. Voir une dépêche de Brockhausen du 1" juin. Hassel, I, p. 175.

ouvertures directes à la Prusse *. Ces ouvertures avaient paru trop brusques et insuffisamment préparées au gouvernement prussien '; car rien n'avait encore effacé la trace des mauvais procédés de l'Autriche durant la campagne de 1807, et même depuis le traité de Tilsit %• mais elles ne pouvaient laisser de doute sur l'état des esprits à Vienne.

Ainsi, l'insurrection espagnole, la résistance persévérante de l'Angleterre, les premiers indices d'un soulèvement national en Autriche, les tendances secrètes du gouvernement prussien, les premières déceptions et le refroidissement probable d'Alexandre, faisaient une situation des plus critiques à Napoléon au début de Tété 1808. Les patriotes prussiens en eurent le sentiment très vivace ; de nouveaux projets mûrirent dans leur esprit, durant les mois de juin et de juillet; et la Prusse fut amenée, en août 1808, à une de ces crises, périodiques chez elle depuis 1805, appelée une fois de plus à choisir entre la fierté du sentiment national ou l'abdication, entre l'héroïsme ou la prudence, entre la résistance ou la dissimulation. Dans chacune de ces crises se mesure la somme d'individualité nationale que la Prusse devait à son passé et qui préparait son avenir. Celle où nous entrons n'est point, pour la psychologie nationale de l'État prussien, moins instructive que les précédentes.

Ce n'est toutefois point sans quelque difficulté * que l'on peut dégager le secret des pensées intimes, sous les dehors de l'attitude extérieure.

Jusqu'en mai 1808, les patriotes les plus exaltés avaient eu pour but presque exclusif de reconquérir, par l'évacuation, l'existence nationale qui était la condition première de leur action ". Ils cherchaient sans doute à limiter les sacrifices, à éviter ceux qui eussent compromis l'avenir, pour sauvegarder le présent. 11 en est bien peu qu'ils eussent refusés, pour arriver à leurs fins essentielles. Le prince Guillaume, en partant pour Paris, n'avail-il pas reçu pleins pouvoirs, même pour accéder à la Confédération du Rhin? Le mot d'ordre était

1. I.KiiMASN, Scharnhortt, II, p. 184. — Hassbl, I, pp. 201, 520.

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