Lehmann, Scharnhorst, II, p
7. Voir cependant une lettre du 14 où Scharnhorsl écrit : « Nous espérons grandement une situation meilleure ». C'est sur cette lettre que Lehmann élaye son raisonnement. Lehmann, Scharnhorst, II, p. 180.
440 LA CRISE EUROPÉENNE DE 1808 ET LA CONVENTION DU 8 SEPT, tion meilleure par une politique de concessions. Il écarlait tout projet de résistance immédiate, même dans le cas d'une guerre entre l'Autriche et la France '.
La première trace, qui soit demeurée, d'un revirement complet dans l'esprit des patriotes se trouve dans un mémoire adressé pai- Scharnhorst à Stein le 8 août* et dans un mémoire collectif de Scharnhorst et de Stein remis au roi le 11 août -1808; mais le premier mémoire fait allusion à un échange de vues antérieur ^ et, dès le 23 juillet*, le gouvernement prussien avait fait un acte plus signilicalif que tous les écrits. Quelque surprenantes qu'eussent paru les ouvertures de l'Autriche, quelque froissantes même par leur brusquerie qu'eussent semblé les questions intimes et compromettantes qu'elle adressait à la Prusse, succédant sans transition à une froideur, à un dédain marqué, les ministres prussiens y avaient répondu en envoyant en Silésie Gôtzen, celui-là même qui avait, en 1807, dirigé la résistance dans la province et noué avec l'Autriche des relations secrètes. L'envoi de Gôtzen, l'action occulte qu'il engageait, le choix de l'homme, tout indiquait les arrière-pensées du gouvernement prussien, et le courant d'action prochaine ^ où il s'engageait. C'était cette politique nouvelle dont les rapports du 8 et du 11 août contenaient l'exposé.
Les deux ministres veulent encore poursuivi'e le système de l'humilité et des concessions apparentes au regard de la France; Scharnhorst juge nécessaire de continuer les négociations, même au besoin de conclure l'alliance ", mais « c'est alln de voiler les pensées intimes, de telle façon qu'elles deviennent impénétrables, même à ces maîtres en duplicité », et il fait aussitôt ses réserves :
« Si l'on allait trop loin dans l'exécution de ce projet d'alliance », ajoute-l-il, « Napoléon mettrait la main sur le gouvernement inlé-
1. Hashrl, I, pp. 208, 209, 210, reconnail le reviremciil que les événeineuls d'KspaKru; iiroiliiiscnl dans l'esprit de Srimrniiorst.