Hassel, p
l®"" août, l'avait déterminé à abandonner la pensée d'une guerre immédiate avec l'Autriche et lui imposait cette évacuation, qu'il refusait si obstinément depuis une année. Mais, quoiqu'ils ne pussent remonter aux sources, ils devaient être frappés d'un mouvement qui, par son caractère imprévu même, était l'indice des difficultés où se débattait l'Empereur '. Toutes ces impressions déterminèrent l'assaut répété qu'ils livrèrent à la volonté royale.
Le 12 août, le roi sétail arrêté à une démarche peu compromettante. Suivant un procédé très conforme à son caractère, et dont toute l'hisloire de la Prusse, depuis son avènement, offre le spectacle monotone, il avait ajourné toute décision. 11 avait envoyé à son frère des instructions nouvelles, qui ne lui donnaient d'indications nettes qu'en vue d'hypothèses invraisemblables, et qui le laissaient incertain en face des réalités.
Mais ce que Stein et Scharnhorst proposaient formellement à Frédéric-Guillaume III, le 21 août, c'était une décision des plus claires. C'était d'engager des négociations directes avec l'Autriche. Ils sentaient l'heure décisive et encore propice, et, dans un sentiment d'exaltation ardente, ils renouvelaient leurs éternelles protestations contre les demi-mesures. Ils demandaient un acte décisif*; mais c'était la seule chose que le roi sût refuser. Dans un entretien, du 22 ou du 23 % avec Scharnhorst, Stein et Gneisenau, il repoussa nettement leur proposition. Il ne voulait rien faire s'il n'était assuré du concours de la Russie; on sonderait le czar lors de son passage à Konigsberg. Stein résumait cet entretien avec (jnelque découragement et avec sa netteté ordinaire. « Le roi », disait-il, « n'a que de la défiance pour son peuple et pour l'Autriche, et n'a de conliance que pour la Russie *. » Ainsi se maripiait l'écart qui, depuis le début, Béparait Frédéric-Guillaume des patriotes. Il ne perdait point de
1. Vf)ir l'iiiiprc^i^Kiii protliiilc par l'évacuation. Archives hisloriffurs du Minis-ti'rtf delà guerre. Correspondance dt; la Grande Armée, 5 sopleinbre 1808, Davoul et 8otilt.