‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 499 sur 570 · DÉCISION DE LA POLITIQUE NAPOLÉONIENNE · texte numérisé non relu

DÉCISION DE LA POLITIQUE NAPOLÉONIENNE

vue *, nous dit-on, la possibilité d'une rupture avec la France; mais les hommes qui l'entouraient lui demandaient autre chose. Ils voulaient que la duplicité fût le voile d'une action décidée et ardente, et, pour Frédéric-Guillaume III, elle n'était depuis longtemps que la forme dont il était habitué à revêtir son indécision chronique ^ Il avait refusé catégoriquement, le 23 août, de s'engager dans la voie où le parti national le pressait d'entrer.

Cependant le gouvernement prussien apprenait coup sur coup que l'Empereur renonçait à attaquer immédiatement l'Autriche, qu'il allait porter tout son effort sur l'Espagne, où il comptait se rendre en personne, que, dès le retour de Napoléon à Paris, Champagny s'était montré pressé de conclure définitivement avec la Prusse ^. On recevait, le 2Zi août, à Kônigsberg la nouvelle authentique de la capitulation de Baylen, et, peu après, la nouvelle de la défection des régiments espagnols de la Romana *, qui avaient quitté l'armée française en Danemark, pour retourner en Espagne sur les vaisseaux anglais. Les espérances des patriotes prussiens croissaient à vue d'œil. Le roi pensait de son côté le moment opportun pour montrer au regard de la France moins d'humilité, pour obtenir peut-être davantage. Le 25 août ^, il écrivit au prince Guillaume à Paris, qu'il fallait renoncer à toute pensée d'alliance avec la France, conclure au plus vite sur la contribution, afin d'assurer l'évacuation du territoire, et quitter aussitôt la France.

C'étaient là d'étranges illusions " ; elles révèlent une méconnaissance absolue du caractère et de la résolution de Napoléon. En face d'une volonté comme la sienne, les occasions étaient toujours fugitives. Bien loin d'être ébranlé par la situation critique où il se trouvait, bien loin surtout de trahir les périls immenses de cette situation, par des apparences d'hésitation ou de faiblesse, il accentue le ton impérieux de sa politique et accroît ses exigences.

i. Hassel, I, p. 220. — « 11 était de cœur avec les patriotes •, dit encore TuiîiTSCHKE, I, p. 325. Il les appelle die gule Partei.

2. Pertz, II, p. 228. — Haeusser, III, pp. 183-184. — Lehmann, Schai'ntiorst, II, p. 189.

Page 1