‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 502 sur 570 · LA SAISIE DE LA LETTRE DE STEIN · texte numérisé non relu

LA SAISIE DE LA LETTRE DE STEIN

ouverte, afin de se réserver un moyen de peser encore, dans l'avenir, sur le gouvernement prussien, la question du règlement des comptes entre la Prusse et les provinces cédées par elle \ L'Empereur voulait conclure ', et le prince Guillaume résistait en vain.

Ce fut seulement le 29 août % lorsqu'il était déjà presque réduit aux abois, qu'il reçut, à Paris, les instructions du 12 août, rédigées dans un état d'esprit si différent de celui où il se trouvait, et qui contrastaient si étrangement, dans leur placidité, avec la situation où la brusque résolution de Napoléon plaçait le frère du roi *.

Le 2 septembre, le prince Guillaume écrivit à Frédéric-Guillaume III pour lui exposer la situation et lui demander de nouveaux ordres \ Mais, lorsqu'il pria Champagny de lui accorder quelque délai, jusqu'à ce qu'il eût pu recevoir une réponse de Konigsberg, le duc de Cadore lui répondit, avec quelque ironie, que l'Empereur n'avait pas le temps d'attendre vingt-six jours *.

Un événement était cependant survenu qui, s'il ne modifia pas essentiellement le cours des choses \ facilita singulièrement l'action de la diplomatie napoléonienne, et qu'elle ne négligea point d'utiliser *. La police impériale avait saisi cette lettre de Stein, écrite en clair et adressée, le 15 août, au prince de Witgenstein, dans laquelle le premier ministre de la monarchie prussienne demandait à son correspondant d'alimenter activement le mécontentement en Allemagne et trahissait ses projets d'insurrection nationale '. Les amis

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