‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 506 sur 570 · Peutz, II, p · texte numérisé non relu

Peutz, II, p

4o0 LA CRISE EUROPÉENNE DE 1808 ET LA CONVENTION DU 8 SEPT.

« OU si Ton considère comme dangereux de négocier l'alliance à Vienne, il faut alors prendre son parti de se jeter sans réserves dans les bras de la France, et donner la direction des affaires à des hommes qui aient la confiance de Napoléon * ! »

Mais le roi répugnait également aux deux solutions. Dans cet effort qui semble avoir été récemment tenté de toutes parts pour réhabiliter ', aux yeux du patriotisme allemand, la mémoire de Frédéric-Guillaume III, on a été jusqu'à dire que, durant cette crise si capitale d'août et de septembre 1808, « les impulsions de son cœur allaient au-devant des efforts de Stein et de Scharnhorst ^ ». On a voulu s'appuyer * sur un document écrit presque à la même heure que les mémoires qui viennent d'être analysés. C'est une lettre adressée par Frédéric-Guillaume III à Alexandre, le 28 août 1808 ^ lettre préparée par Goltz, corrigée de la main du roi, et où, par une bonne fortune rare, il semble en effet possible de serrer d'un peu plus près le secret de ses arrière-pensées '. Le roi s'y montre moins disposé à accepter sans réserve l'alliance française, enclin à penser que les difficultés de la situation rendront Napoléon plus conciliant. Mais il faut des yeux singulièrement complaisants pour y discerner l'ombre d'une tendance à la politique de résistance et d'action. Ce n'est même point un plaidoyer pressant, d'où l'on puisse conclure que Frédéric- Guillaume III cherchait à entraîner le czar à s'associer, avec la Prusse, à la résistance de l'Autriche. C'est tout au plus une interrogation timide sur ce que fera la Russie au cas d'une guerre entre l'Autriche et la France. Et comme, faisant allusion à cette éventualité, Goltz avait écrit que les embarras accumulés des affaires d'Espagne invitaient les deux puissances à y réfléchir avec courage et assurance, le roi, jugeant l'expression compromcllante, corrigea de sa main et écrivit : « à y réfiéchir plus librement ^ ».

Lorsque les patriotes prussiens s'efforçaient d'ébranler l'homme qui craignait en de semblables circonstances de parler même de courage et d'assurance, c'était h> rocher de Sisyphe qu'ils roulaient ".

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