‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 507 sur 570 · Uaeuhhkh, III, pp. 183 \U · texte numérisé non relu

Uaeuhhkh, III, pp. 183 \U

LA CRISE A KONIGSBERG. 451

Mais, déjà, ce n'étaient plus seulement des lacunes de la volonté royale que leur venaient les obstacles. Ils se dressaient autour d'eux de toutes parts; l'heure décisive avait fui *.

L'entreA^ie d'Erfurt se préparait, et déjà le but que Napoléon s'était proposé, en y convoquant Alexandre, était atteint par avance '. L'empereur de Russie ne se rendait point à Erfurt pour y discuter, avec Napoléon, le sort de l'Europe, mais pour y rendre éclatant l'accord des deux Empereurs '. Le czar s'était arrêté à Kônigsberg, le 18 septembre *, avait dissuadé avec la dernière netteté la Prusse de toute velléité de résistance, et donné très clairement à entendre que la politique d'action n'avait point à compter sur lui*. C'était un concours sur lequel les patriotes n'avaient jamais fait grand fonds, mais auquel le roi avait paru tout subordonner *. Alexandre n'avait pas été moins catégorique dans ses rapports avec l'Autriche. Il avait été jusqu'à y faire, à la demande de la Fi-ance, des représentations sur les préparatifs militaires et jusqu'à déclarer, à la date du 5 septembre ^ que si l'Autriche attaquait, il prendrait parti contre elle. D'ailleurs Lucey, qui était en mission secrète à Vienne, faisait savoir à Gôtzen à la date du 30 août, et, par lui, aux ministres prussiens, que rien absolument n'indiquait que l'Autriche dût prendre l'initiative d'une rupture ',

Enfin Alexandre venait de quitter Kônigsberg depuis quelques heures à peine, lorsqu'y arriva, le 21 septembre % le courrier qui apportait la nouvelle de la signature, par le prince Guillaume, de la convention du 8 septembre, et des incidents auxquels avait donné lieu la saisie de la lettre interceptée de Stein. Ces nouvelles jetaient la terreur parmi tous ceux '", fort nombreux autour du roi, qui jugeaient nécessaire avant tout de désarmer Napoléon, et d'adoucir ses rigueurs par la soumission : « C'est le comble de l'infortune », s'écriait la vieille comtesse Vosz ". « La n^ine est inconsolable », écrivait-elle, « et le roi furieux. »

1. Treitschke, I, p. 327. — Seklby, Life and Times of Stein, II, pp. 60, 70.

2. Hassel, I, p. 253. — A. Vandal, Napoléon et Alexandre /", pp. 370, 376.

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