DUPLICITÉ DE FRÉDÉRIC-GUILLAUME III
pouvait résulter des clauses précises et savamment combinées de la convention, les préparatifs d'insurrection nationale? C'était l'habileté de Napoléon d'avoir acculé la Prusse à une résolution définitive *, et de savoir à quel point il pouvait compter sur la faiblesse de Frédéric- Guillaume 111, le jour où il serait contraint de sortir du vague de ses indécisions.
Le roi et Stein se trouvaient alors dans la situation critique où le prince Guillaume s'était vu quelques jours auparavant à Paris -. Ils tombèrent en apparence d'accord. Les instructions données à Gollz le 21 septembre ^ ne lui prescrivaient de porter à Erfurt ni la ratification, ni le rejet de la convention du 8 septembre. 11 devait tenter seulement d'obtenir le retrait de quelques-unes des conditions relatives à la contribution, que l'on considérait à Kônigsberg comme inexécutables. Stein lui-même reconnaissait, dans un mémoire du 21 septembre *, que, si l'on ne pouvait obtenir ces modifications, il fallait cependant signer et « tenir comme on pourrait ». Mais, sous ces apparences d'entente, le malentendu se prolongeait *. Après comme avant la signature, Stein suivait ses projets ®, et le roi, attaché comme le lierre à la Russie, se flattant d'obtenir par elle quelques adoucissements à sa condition rigoureuse, poursuivait en réalité une politique entièrement distincte de celle de ses ministres.
Le secret de ce dissentiment latent et de la perfidie de Frédéric- Guillaume III se trahit, d'une façon irrécusable, dans la résolution qu'il prit à la date du 29 septembre. Le prince Guillaume, séduit à Paris par quelques témoignages de bienveillance de l'Empereur, aj'ant écrit à son frère que l'on obtiendrait certainement quelques concessions de Napoléon, si l'on calmait ses défiances, si l'on se montrait prêt à entrer dans ses vues ', le roi, après quelques hésitations,