‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 508 sur 570 · Pertz, II, p. 230. — Hassel, I, p. 261 et la note · texte numérisé non relu

Pertz, II, p. 230. — Hassel, I, p. 261 et la note

10. Pertz, II, p. 238. — Hassel, 1, p. 206. H. Hassel, I, p. 261.

Même pour les patriotes, c'était un coup des plus sensibles*. Leurs projets demandaient à n'être point connus, et, grâce à la résolution de Napoléon, à la faiblesse de ses adversaires, le terrain se dérobait de toutes parts sous leurs pas. La persévérance d'Alexandre dans l'alliance française, les hésitations manifestes de l'Autriche % la saisie de la lettre de Stein, qui dévoilait à Napoléon le secret de leur politique, anéantissaient leurs projets, avant même qu'ils eussent pu réunir le concours de volontés nécessaire pour les exécuter.

Mais c'est le propre du sentiment national acculé aux situations extrêmes, comme celle où se trouvaient Stein, Scharnhorst et leurs collaborateurs, de se préoccuper moins du résultat matériel que du patrimoine moral qu'il a pour mission de sauvegarder; d'espérer contre toute espérance, et de négliger même les impossibiUtés \ Le patriotisme a tous les caractères de l'obligation morale; il n'est point subordonné à la contrainte des faits, et plus d'une impossibilité apparente a cédé devant l'ardeur des volontés. Le parti national en Prusse avait révélé le patriotisme à l'Allemagne; il apportait à sa pratique toute l'ardeur des néophytes; il ne fléchit point sous l'avalanche des déceptions qui fondaient sur lui.

Stein, à la nouvelle de la saisie de sa lettre à Witgenstein, n'avait pu se dispenser d'offrir au roi sa démission *. Quelle que fût la résolution qui dût suivre, il importait de ne point alimenter les méliances de l'Empereur, en maintenant aux affaires l'homme qui personnifiait une politique, dont les arrière-pensées étaient désormais ofliciellement connues de Napoléon. Le roi refusa cependant la démission de Stein. Il fut seulement décidé qu'il ne se rendrait point à Erfurt et qu'il y serait remplacé par Goltz *.

Mais (|ut'lle politique allait-on suivre?

Qu'allait-on faire de la convenliou du 8 septembre"? La rejetteraiton? La ratilierait-on? Ou s.'efforcerait-on d'en obtenir à Erfurt la modilicalion? El, si on l'acceptait, serait-ce pour abandonner toute pt'nsé*' de résistance, pour se résigner? Ou serait-ce, au contraire, polir dissimuler, sous une soumission apparente, et malgré la gène qui

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