‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 523 sur 570 · Treitschke, I, pp · texte numérisé non relu

Treitschke, I, pp

veau qui paraissait submerger à la fois, dans l'Allemagne bouleversée, les distinctions anciennes ' et les notions pratiques. La Prusse semblait disparaître dans les nuages du romantisme allemand*. Les hommes, réfugiés sur ce dernier coin de terre prussienne, où, tout au loin, sur la frontière russe, le gouvernement conservait à peine un vestige précaire d'action indépendante, ces hommes étaientils des patriotes allemands ou des patriotes prussiens; étaient-ils les ministres du roi de Prusse ou les agents d'une conspiration aile mande ^? Beaucoup d'entre eux se préoccupaient peu des intérêts de la collectivité prussienne *, et cet état d'esprit n'était peut-être pas étranger à leurs dissentiments avec Frédéric-Guillaume III.

Et cependant jamais peut-être il n'est apparu plus clairement, au milieu des contradictions de l'esprit allemand, que l'État prussien était le porteur des destinées de l'Allemagne ^.

Ce n'était pas seulement que la Prusse pût revendiquer les deux grands noms qui personnifient ce mouvement d'idées, où s'allient la profondeur philosophique et la passion politique : Schleiermacher, qui lui appartenait à la fois par la naissance et par l'action intellectuelle; Fichte, qui lui appartenait par l'adoption. Ce n'était pas seulement que, saisie elle-même de cet entraînement d'imagination, contraire aux tendances légendaires, aux traditions pratiques du caractère prussien, elle semblât fondre dans un courant unique la vigueur de ses brutalités primitives et l'exaltation idéaliste de l'Allemagne nouvelle ".

C'était surtout que ce gouvernement misérable, resserré, ballotté de Memel à Konigsberg, demeurait le seul instrument de l'action nationale. Stein, les activités, les dévouements qui se groupaient autour de sa forte individualité, représentaient, contralisaionl, dans

1. LeiiMAifN, Scharnliorst, I, p. 3S8, mil inncrer Xolhwendi'/keil trat hier Deittsch- Innd an die Steile von Preuszen; ibid., II, pp. 168, 170, 171.

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