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LE ROMANTISME DANS LA POLITIQUE PRUSSIENNE

ce qu'il avait de plus vivant et de plus ardent, le mouvement politique qui commençait à agiter l'Allemagne *. Ils participaient à toutes ses tendances et subissaient tous ses entraînements en même temps qu'ils préparaient l'organisation matérielle de la guerre d'indépendance.

Tel était l'état d'exaltation des hommes d'action eux-mêmes, tel était l'étal d'impuissance et d'isolement où la politique de l'Empereur réduisait le gouvernement de Kônigsberg, qu'il est parfois difficile de dire où finit la production littéraire, où commence l'action politique. La prédominance de l'imagination se trahit par des signes irrécusables chez les hommes de gouvernement, même chez un esprit aussi antiesthétique que celui de Stein^ On la retrouve dans les associations secrètes, dans les poèmes dédiés à Stein par ses agents les plus immédiats, dans la foi aux textes législatifs, aux proclamations ictentissantes, dans le dédain des impossibilités, dans le ton sentimental des mémoires politiques ^

Le 29 septembre *, Boyen avait proposé au roi de convoquer une représentation nationale. Et le \h octobre, Scharnhorst, Gneisenau, Nicolovius, Siivern, Schon, Grolman et Uockner, ignorant encore la ratification définitive de la convention du 8 septembre, qui avait eu lieu le 9 octobre à Erfurt, s'adressaient à Stein', pour le suppUer d'éviter à tout prix cette ratification. « Notre cause », écrivaient-ils* en des termes qui trahissaient un état particuUer d'exaltation, « est encore juste devant Dieu et devant le monde; le cœur de l'État prussien est pur, son honneur intact. La rupture d'un traité conclu avec la pensée de le rompre serait une tache sur nos âmes, que rien ne saurait effacer, et empoisonnerait sans retour les sources mêmes de notre activité. »

De cette protestation platonique contre la duplicité persévérante de la politique prussienne, les historiens allemands concluent, avec une ingénuité qui étonnerait, si l'on ne savait où peut aller l'aveuglement

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