LE MOUVEMENT INSURRECTIONNEL
bimd lui-même ne paraît pas en avoir jamais groupé plus de 300 à 400. Parmi les patriotes, Boyen et Grolman seuls en faisaient partie; le roi en avait accepté le patronage sans le bien connaître ; et, bien loin d'en être le fondateur, Stein s'en tenait au moins à l'écart*.
Les principaux centres de cette agitation, qui n'échappait pas aux commandants des corps français, et qu'ils suivaient attentivement, surtout depuis la saisie de la lettre de Stein, étaient à Kônigsberg, autour des ministres, à Berlin même, et enfin dans la partie du territoire prussien où se tenaient encore, malgré l'occupation française, deux tronçons de l'armée prussienne, — en Poméranie, autour de Blucher, dont les rapports avec les corps français conservaient un caractère d'hostilité grondante et de violence contenue*, — et surtout en Silésie, autour de la forteresse de Glatz. Les chefs militaires qui se succédaient à Breslau, Mortier, Soult, Davout, sentaient, non sans quelque inquiétude, toute cette portion considérable du territoire de la Silésie, voisine de l'Autriche, échapper à leur action ^
C'était en effet sous la direction ardente de Gotzen que le centre du mouvement insurrectionnel s'était le phis fortement constitué*. Les souvenirs de la campagne de 1807, les rapports constants avec les patriotes autrichiens, donnaient à cette organisation silésienne une vitalité particulière. Le 7 octobre, Gôlzen avait remis aux archiducs un mémoire; il y exposait les moyens d'action dont disposait la Prusse, et poussait les archiducs et Stadion à la guerre \ Le ilx octobre, le capitaine de Tiedemann*, chargé par Gôtzen d'une mission secrète, avait été présenté par le major Lucey^à l'archiduc Charles lui-même.
1. Pehtz, II, pp. 193, 194, 195, 196, 282. — Haei-sskr, III. pp. 176, m, 209. — Leh« aîïx, Knesebeck und Schon, p. 118. — .Marwitz, I, p. 291. — Erinnei'ungen aus dem Leben des FeldmaischaU's von Boyen, I, pp. 320 à 324. — Aus den Papiercn Schôn's, I, pp. 51, 53, 54, 60; II, p. 270. — Tkeitschke, 1, pp. 302. 304. — Oassel, l, p. 2S8. — A. Stkrn, Abhandlungen und Aktenstûcke zur Geschichte der preussischen Reformzeil, p. 28.
2. Archives historiques du Ministère de la guerre, Correspondance de la lirande Armée. Lettre de SouH, 30 août 1807, 11 septembre 1807, lettre de Victor. — Voir aussi Mabwitz, I, p. 207.
3. Aj'chives historiques du Ministère de la guerre, Correspondance de la Grande Armée, 1^' juillet 1808. Mortier au major général. Soult, de Berlin, 22 août 1808.
4. Haeusseb, III, pp. 209-210, jusqu'en novembre 1808, pp. 216-217. — Hassel, I, p. 288. — Voir aussi Finkenstein à Vienne depuis 1807. Hassel, 1, p. 195. — Les documents relatifs à l'action de Gôtzen sont malheureusement incomplets dans Hassel, et même, dit-il, aux Archives de l'élat-major général allemand, p. 267; mais lui-même n'a publié qu'une partie de ceux qu'il a trouvés, p. 297.