‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 543 sur 570 · Hassel, 1, p · texte numérisé non relu

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Hardenberg se sépare donc nettement, dans celte circonstance décisive, delà politique intérieure et extérieure du noyau de patriotes qui environnaient Slein *. S'il s'était montré, dans ses conceptions politiques, le plus audacieux, il se montrait, dans ses conseils pratiques, le plus tempéré et le plus prudent.

Il avait même traité avec le roi les questions de personnes. Il avait indiqué la composition du ministère qui devait prendre la succession de Stein * : Dohna à l'intérieur, Schrotter à la justice, Scharnhorst à la guerre, Gollz aux affaires étrangères et Altenstein aux llnanccs.

Sur ce point encore, il n'était pas d'accord avec Stein, et quoique la divergence ne portât que sur le ministère des finances, où Stein eût voulu voir entrer Schôn, il semble qu'elle ait eu quelque importance politique. En écartant Schôn, on éloignait le dernier représentant de la politique patriotique; un homme qui n'était sans doute point fait pour jouer un premier rôle, pour substituer son action à celle de Stein, mais qui n'était pas moins engagé que le premier ministre dans les idées de résistance immédiate, et qui portait beaucoup plus loin que lui le radicalisme de ses projets de réforme ^

Celte action combinée de Gollz, d' Altenstein, de Hardenberg, ces conseils de prudence et de politique tempérée, prévalurent sur l'esprit de Frédéric-Guillaume III *. 11 n'était que trop porté, par ses penchants naturels, à céder aux hésitations, qui arrêtaient, à la même date, l'Autriche et la Russie, et en faisaient les instruments presque dociles de la politique napoléonienne.

Stein quitta le ministère le 24 novembre % et, le 15 décembre, il était proscrit par un décret de Napoléon.

1. Hassei., I, p. 293. — Pertz, II, p. 20;;. — Ans den Vapiercn Sciio.n's, 11, p. o9.

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