‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 64 sur 570 · Philippson, I, p. 2S · texte numérisé non relu

Philippson, I, p. 2S

plus anciennes, d'un orgueil plus démesuré et plus aveugle, d'un esprit plus étroit, il a porté au contraire en Prusse les traces d'un sentiment plus vif des devoirs du souverain envers son peuple '; il s'est montré plus dégagé des préoccupations de jouissance et de vanité personnelle. Le roi de Prusse n'eût point dit : « l'État, c'est moi », sans ajouter : « moi, c'est l'État », et le sentiment étroit des devoirs du souverain, en identifiant * davantage encore le roi et l'État, avait poussé jusqu'à ses dernières limites le caractère personnel' du gouvernement.

C'est en effet un gouvernement personnel plus encore qu'un gouvernement absolu. Dès le temps du Grand Électeur *, on voit le souverain se réserver à lui seul et la pensée dirigeante et les décisions les plus minutieuses ^. « Je suis », écrit Frédéric-Guillaume I", « financier et feldmarschall du roy de Prusse et cela soutiendra le roy de Prusse *. » « Le souverain », dira Frédéric II, « doit voir, penser et agir pour toute la communauté ^ » El la pratique répond à la théorie. Le caractère prussien a pris alors, sous l'action personnelle du Grand Électeur, de Frédéric-Guillaume 1", de Frédéric II, cette rigidité, ce pli de discipline qu'il n'a plus perdu depuis. Le despotisme éclairé aboutit à un régime d'oppression extraordinaire ', dont nous aurons à retracer les traits et sous lequel étouffent toutes les initiatives individuelles. S'il s'agit des détails, il n'en est point de si infime que l'on ne porte au roi. S'il s'agit de l'ensemble, lui seul concentre tous les éléments de la direction; c'est en Prusse un

1. Phiuppson, I, pp. 6, 9. — Stadeluann, PitfA. aus den k. pr. Slaatsarch, XI, p. 337. — Tbeitschke, I, pp. 43, 75.

2. Œuvres de Frédéric II, IX, pp. 198, 201. — Diioysk.n, V, m, p. 13, 38. — Ranke, I, II, p. 2%. — Wenck, p. 51.

3. SniMOLLER (Preuss. Ja/irb., XXVI, p. 2). — Stadelmann, Publ. aus den k. pr. Slaatsarch, XI, p. 237.

4. OiiovsEK, 111, II, p. 50. — BoRMiAK, 1, p. 314. — Stadelmann, Publ. aus den k. pr. Slaatsarch, II, p. 27.

6. Voir Fr<'«l('Tic-(«uillninne I" dans l'adininistrution et l.-i culliirc des domaines. Stadki.mamh, Publ. aus tien k. pr. .Stdalsarch, 11, p. 125; XI, pp. 42, 60 el sijiv., 120; X-\X, p. 111. — Pim.iPPSON, 1. pp. 13, 14.

6. l)HOïMK.>, IV, II, p. 22. — S»:iiiiom:ii {Preuns. Ja/irb., XXV, pp. 589, 590).

1. Œuvre» de h'vMt'rir II, IX, p. 201. - Dhovhkn, V, m, p. 38.

8. IHe furrhtbare llûrte mit der aie ver/ahrten, Sciimim.i.kh (Deutsche Rundschau, XII, p. 273). — Voir l'opinion de Dhoyhbm : fur die biirf/erliehe Frriheil ;/ab es in diesem mititûritch vionarchischen Preussen keine Slelle; el ve\U'. «1(< IIankk : bei aller f/roniarlif/en lli'btunt/ halte der t/esainmle Zusiand noch den lieii/ischinack des f/ewalhamcn und drdrkendrn. — Voir Sr.ii.Moi.i.Kii (Prrnss. Jahrh., XXVI, p. 14). — l'iilUl'i'MOli, I, pp. 0, lu, 13, 14.

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