LA MISSION « TRIBUNICIENNE » DES HOHENZOLLERN
l'égalité politique et sociale •? Il existe, en tous cas, entre de telles affirmations et la réalité des faits, un écart trop manifeste.
Ce fut précisément la faiblesse de l'ancien régime prussien d'avoir fondé la domination monarchique sur les iniquités sociales. Ce fut la plaie du despotisme éclairé de s'être montré ou si peu éclairé, ou si impuissant à réaliser ses conceptions. On a vu comment, dans l'organisation politique de l'État, la souveraineté nouvelle avait dû s'arrêter avant d'être arrivée au terme de son œuvre, suspendre ses progrès en se heurtant aux derniers éléments de la décentralisation aristocratique, et désarmer devant le palladium de la caste privilégiée, devant « l'État patrimonial », qui faisait de chaque domaine noble une souveraineté locale -. Mais ce premier tableau ne peut donner qu'une idée très incomplète de l'autorité conservée par l'aristocratie foncière et de l'impuissance du pouvoir monarchique à y porter la main. Il faut, pour la concevoir exactement, pénétrer la constitution intime de la société prussienne d'ancien régime.
1. Voir jusqu'où va l'aveuglement de Treitscbke, lorsqu'il affirme, I, pp. 118, un, 160, (|ue la Prusse avait depuis longtemps réalisé les principes de [li^d.
2. Ernst Meier, Die Ref'onn der Verwaltunys-Oi'f/anisalion unler Stein und Hardenberg, p. 115.