LA SUJÉTION HÉRÉDITAIRE
se marier sans l'aiilorisation du seigneur'; ses enfants doivent se consacrer à l'agriculture, et ne peuvent choisir un métier (eine Lebensart) sans l'agrément du seigneur. Les enfants doivent, soit jusqu'à ce qu'ils aient pu s'établir, soit pour un nombre d'années déterminé, servir dans la domesticité du seigneur, pour un salaire dérisoire ^
L'un des contemporains, statisticien philanthrope^, résume les droits du grand propriétaire noble sur la population rurale serve.
« Le paysan », dit-il, « n'a point de droit héréditaire au sol qu'il cultive; il dépend du seigneur de l'en expulser, de le réduire à la condition de simple journalier, de le transporter sur une teiiure plus ou moins étendue, de lui prendre ses enfants pour les affecter à sa domesticité, à son service personnel, de le faire fouetter.
« En Poméranie, s'il voit les paysans prospérer, il a le droit d'accroître leurs charges déjà accablantes, de sa propre autorité, en vertu d'un pouvoir discrétionnaire. »
Les deux conséquences les plus rigoureuses de la sujétion héréditaire sont la domesticité obligatoire des enfants et l'obligation de ne point quitter le bien noble. Le paysan n'a ni le droit, ni la possibilité d'abandonner le coin de terre auquel sa naissance ou la volonté du seigneur l'a attaché. Quelle que soit la forme affectée par le servage,