‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 80 sur 570 · BoRNiiAK, i, p · texte numérisé non relu

BoRNiiAK, i, p

« Le paysan », dit-il, « appartenait, soit à un noble, soit ait domaine royal, soit à une ville *. » Le paysan appartient toujours à quelqu'un.

L'État social dont nous venons d'indiquer les grands traits, n'était point un legs direct de la féodalité. Durant la période qui avait précédé rétablissement du pouvoir monarchique en Prusse, au xvii° siècle, au xvi^, même à partir du w" *, l'évolution avait été beaucoup plutôt une évolution de la liberté vers la servitude, que de la servitude vers la liberté. Ce n'est pas là un des épisodes les moins curieux de cette guerre à la propriété libre, de cette « guerre à Tallue » , qui s'est poursuivie depuis les origines du monde féodal jusqu'à la veille du xix° siècle '.

Dans toutes ces provinces où la société moderne s'était formée par l'implantation de colonies allemandes en pays slave *, dans les Marches, dans la Poméranie, dans la Silésie, dans la Prusse orientale, la propriété avait été, à l'origine, ainsi qu'il était nécessaire pour attirer les colons, ainsi qu'il était conforme à la nature des choses, une propriété à peu près libre ', grevée, tout au plus, d'un léger cens. Mais les colons n'avaient pas tardé à passer de l'état de liberlé personnelle et de propriété à peu près complète, à un état fort inférieur •.

L'anarchie de la guerre de Trente ans ', le pouvoir qu'elle assurait à la grande propriété foncière, le caractère oligarchique des gouvernements d'alors, avaient singulièrement favorisé cette évolution ", en affranchissant de tout contrôle l'aristocratie, qui resta maîtresse d'ac-

1. Au8 dem Snchlasse Ludwiff's Vox der Marwitz, I, p. 91. — Knapp, 1, p. 21.

— UoH bAk, II, p. 286.

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