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LA SUJÉTION HÉRÉDITAIRE

OU bien à peu près universelle, comme en Poméranie, ou dominante comme en Silésie et dans les Marches'. Les seules exceptions proviennent des colonisations anciennes ou récentes, ou des améliorations qui ont pu être réalisées sur les domaines royaux ^

Il ne faut point d'ailleurs s'arrêter à la statistique du servage. Le paysan qui n'y est point soumis est à peine moins dépendant que le serf.

Dans la Vieille Marche, où le servage est censé ne point exister, où la population rurale est réputée libre, on rencontre les restrictions les plus odieuses à la liberté personnelle : l'obligation, pour les enfants des paysans de servir, au gré du seigneur, dans sa domesticité; l'obligation de demander l'autorisation du seigneur pour se marier, les corvées souvent illimitées; l'interdiction môme de (juitter la tenure sans présenter un remplaçant qui s'engage à supporter toutes les charges ^

En Silésie, les populations réputées libres elles-mêmes paraissent soumises à des charges écrasantes; les enfants doivent le service dans la domesticité du seigneur pendant trois ans.

Que le paysan soit serf ou non, il est dans la dépendance étroite et personnelle * du bien noble et du seigneur; c'est ce que les Allemands appellent VËtat patrimoniaL

Le féodal Marwitz, dans ses Mémoires où il essaye de présenter le sort des paysans sous l'ancien régime comme parfaitement heureux, déduit d'un mot la condition des population rurales :

1. Les évaluations les plus récentes estiment le nombre des serfs en France, à la veille de la Révolution, à un million, soit un mainmorlable sur 26 habitants. Voi.TAiHK, lettre à M. Perret, du 28 décembre 17"! ; lettre à Dupont de Nemours, 23 novembre 1776. — Cmassin, VÈglise et les derniers serfs, pp. 13, 28, 59, 188. — Taime, les Origines de la France contemporaine, I, p. 30.

2. Voir les appréciations d'ensemble des auteurs allemands sur la statistique du servage. Bornhak, Geschicbte des pretissischen Verwaltungsrechts, Berlin, Springer, 1885, II, p. 226; à rectilier d'après Stadelm.c\n, Puôl. aus den kon. pr. Stnatsarchiven, XXX, pp. 36, 68. — Ksahp, I, p. 93. — Dœ-nniges, die LandcuUurgesetzgefjung Pre^issm's, Berlin, 1843, I, p. 42, apud Piiilippso.n, Geschichle des pretissischen Staatstvesens, I, p. 448. — Stadki.mann, Piibl. aus den k. Staatsa7-chiven, XXV, p. 23. — Khug, Ueber Leibeigenschafl, Halle, 1798, p. 55. — Stein, dans un mémoire de 1807. Pektz, Stein's Leben, I, p. 436. — Zu SchiUz und Tnitz am Grabe Schnn's. Von einem Oslpreuszen, Berlin, 1877, p. 223. — Stâgemann, en 1807, dit un tiers de serfs en Prusse. Knapp, II, p. 168. — Aus den Papieren Sciiôn's, II, p. 127.

3. Meitzen, I, p. 378. — Stadrlmann, Publ. aus den k. pr. Staatsarchiven, II, p. 74. — Knapp, I, p. 42. — Von Brinneck, die Aufhebung der Leibeigenscliaft, e\.c.{Zeitschrift der Savigny-Stiflung. Gennanistische Abthedung, X, I, p. 41.)

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