CONSÉQUENCES SOCIALES DE LA GUERRE DE TRENTE ANS
croître sa situation et de pressurer les populations rurales *. La misère, les exactions de la soldatesque, avaient d'ailleurs fait fuir ou disparaître la plus grande partie des paysans -. Les petits biens étaient, à la suite de ces désertions, partout vacants. L'aristocratie eu avait profité pour étendre ses domaines ^, tantôt par la violence ouverte, tantôt par la fabrication de titres faux *. Et comme elle ne pouvait avoir recours, pour l'exploitation de ses terres, qu'aux paysans restés sur place, elle les accablait de charges d'autant plus écrasantes que les grands domaines s'étaient plus étendus et que le nombre des habitants avait diminué.
De 1624 à 1652, à Teltow, dans un des cercles de la Marche Électorale, le nombre des petits tenanciers s'était abaissé, pour les biens un peu étendus, comptant jusqu'à 15 hectares ^ de 1175 à 33i!i. Pour les biens moins étendus, comptant jusqu'à 3 hectares, de 720 à 300 : 8Zil habitations appartenant aux tenanciers de la première catégorie, /i20 habitations appartenant à ceux de la seconde, avaient été abandonnées. De 1895 petits tenanciers, il ne restait que 66/i. Au bout d'un siècle et demi, dans le même cercle, on n'en retrouvera que I/4OO.
Dans le village de Selchow, le propriétaire noble occupait, en 1610, 37 hectares et demi. Il avait, à côté de lui, onze tenanciers cultivant 270 hectares. En 1652, le seigneur a presque tout absorbé '. On ne retrouve plus qu'une seule des anciennes tenures, et deux nouvelles, soit trois en tout \
Le grand propriétaire s'étend partout; ou, lorsqu'il installe de nou-
1. Droysbn, Geschichte der preuss. Pulitik, III, 11, p. 49. — Buhnuak, I, pp. 116,
2. Stadelm.\nn, Publ. aus den k. pr. Slaatsarchiven, II, p. 3. — Mûrkische Forschungen, XVII, pp. 139 et suivantes. — Marwitz, I, p. 7.
3. Stadelmann, Publ. aus den k. pr. Stitutsarchiven, II, p. 83. — Knapp, 1, p. 38.