LES CONSÉQUENCES SOCIALES DE LA GUERRE DE TRENTE ANS
seigneur et ne pourra appuyer son dire de preuves suffisantes, sera puni d'emprisonnement, « afin que chacun apprenne à s'abstenir de ces plaintes faites à mauvaise intention » '.
En même temps apparaît une tendance manifeste à codifier le servage. Dans le duché de Prusse, où le duc Albert avait, en 1567, proclamé tous les Prussiens libres, une première ordonnance de 1577, surtout celle de 16/iO, rétablissent le servage ^ Dans les Marches, c'est en 1646 qu'il est fait, pour la première fois, mention du servage dans un document officiel. On précise en 1682, en 1683 ^. Dans la vieille Marche où les paysans restent libres en théorie, la domesticité obligatoire se généralise. Le même mouvement se dessine en Poméranie *, même dans les provinces occidentales ^ Le Grand Électeur publie, presque chaque année, de nouvelles ordonnances sur les paysans, sur la domeslicilé rurale, sur les bergers, sur les pâtres, sur l'indiscipline des serviteurs ruraux *,
Dans tout le cours du xvii" siècle, la servitude rurale s'étend, s'assoit, se jjrécise '.
A partir de la mort du Grand Electeur, au début du xviu* siècle, on voit apparaître dans l'action du pouvoir monarchique, des tendances nouvelles. Les progrès de la civilisation, le mouvement des idées, ont préparé les esprits à apprécier, à juger les restrictions, que l'état de fait coexistant impose à la liberté des personnes. L'autorité souveraine ne peut se soustraire absolument à ses devoirs de protection vis-à-vis des classes inférieures; elle semble en prendre conscience en quelque mesure *; mais ce ne sont que des velléités. Le caractère incomplet de ces tentatives, et surtout leur insuccès, attesté par l'incessante répétition des mêmes ordonnances, ne font que