LES ESSAIS DE RÉFORME SUR LES BIENS NOBLES
orientale, l'une des conséquences les plus rigoureuses de la sujétion héréditaire : la domesticité obligatoire des enfants '. L'importance de cette mesure fut telle que l'on considéra, à partir de cette date, la sujétion héréditaire comme supprimée sur les domaines de la Prusse orientale, et le paysan comme libre.
A la mort de Frédéric II ces efforts incessants ont assuré — mais seulement sur le domaine royal — quelques progrès. Les mauvais traitements y semblent devenus plus rares, moins excessifs; la condition du paysan semble s'y être légèrement améliorée '.
Lorsqu'il s'agit des tenanciers établis sur les biens nobles, sujets de l'aristocratie foncière, l'action des souverains est sans résultat appréciable ^.
Frédéric-Guillaume I" à diverses reprises. Frédéric II dans sa tentative célèbre de 1703^ pour supprimer le servage en Poméranie, dans d'autres ordonnances moins connues de 1756 et de 1763" qui s'appliquent à la Silésie, fout effort pour assurer aux tenanciers des biens nobles comme à ceux du domaine royal l'hérédité légale de leurs tenures.
Mais ici le roi doit compter avec un élément qu'il ne rencontre point sur ses domaines. Chaque bien noble est comme un petit I^tat. Le seigneur y est souverain, c'est une puissance avec laquelle il faut traiter \ Il se sent maître et copropriétaire des tenures rurales. Plus la situation du tenancier est précaire, mieux le droit de copropriété du seigneur est assis. L'Etat monarchique est impuissant à modifier la forme de la société rurale, le droit privé, la situation légale incertaine du paysan \ La résistance de l'aristocratie *, soutenue