‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 93 sur 570 · Stadeuiann, XI, pp · texte numérisé non relu

Stadeuiann, XI, pp

toujours par l'administration *, est un obstacle insurmontable. Si parfois Frédéric II, à force de résistance, obtient quelques résultats, comme en Silésie, les améliorations qu'il a réalisées ne lui survivent point '.

Même lorsqu'il s'agit, non plus de modifler la situation légale du paysan, mais seulement d'alléger les rigueurs matérielles de sa condition, l'impuissance de l'autorité royale est la même.

Si Frédéric 11 a fini par obtenir que, sur ses domaines royaux, les paysans fussent moins maltraités, il se plaint d'apprendre que cet exemple n'ait eu aucune action sur l'aristocratie foncière et que, sur les biens nobles, les traitements les plus barbares continuent ^

La noblesse accroît à son gré les charges, les redevances, les corvées de ses sujets. C'est surtout pour le service du seigneur que le gros tenancier, le paysan proprement dit, chargé d'une tenure de quinze hectares environ, entretient ses attelages. Le propriétaire noble laboure, sème, cultive son domaine sans qu'il lui en coûte, pour ainsi dire, rien, grâce à l'armée des serfs qui peuplent les villages du bien noble et qu'il accable, d'année en année, de charges nouvelles*. Cette exploitation arbitraire ^ du jiaysan est devenue, à la fin du siècle surtout, une source de conllits constants. Vers 1745 % Frédéric II traite, avec la noblesse d'un cercle de Poméranic, pour réduire le nombre des jours de corvée imposés aux tenanciers. Us sont de six par semaine; le roi voudrait les ramener à cinq. « Je suis », écrit-il durant un voyage en Silésie', « assailli de plaintes que m'apportent les communautés, les serfs des biens nobles. Ils se plaignent de ce que, contrairement aux privilèges les plus anciens, on augmente d'année en année leurs services. Je trouve en effet bien dur que ces pauvres gens ne sachent jamais à quoi s'en tenir.... Trois jours de corvée par semaine, c'est une bonne mesure; avec trois jours par semaine, il n'est pas un paysan qui ait droit de se plaindre. Ils peuvent se tirer d'affaire; mais lorsqu'ils sont ])ris tous les jours,

1. Htaoelmann, Publ. aua den k. pr. Staulsarch., Il, p. IJ; .\l, pp. Sa, 1)4, 'J8, 105, 108, 2t;3, a!):t. — KfiAPP, I, pp. «1, 86, 120, 122. — .Str.KMiKiji. j). JSO.

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