LES ESSAIS DE RÉFORME SUR LES BIENS NOBLES
il leur est bien impossible de rien entreprendre sur leurs propres tenures. »
Par une ordonnance du 11 septembre 1784*, c'est-à-dire vers la fin du règne, Frédéric II prescrivit d'entreprendre dans tout le royaume la revision des titres ou des conventions* qui fixaient les charges des paysans. A sa mort l'œuvre fut abandonnée.
11 était, d'ailleurs, un esprit trop pratique pour ne pas sentir son impuissance et n'en point démêler les causes. Il tenta de porter la main sur le régime même de la propriété^, et entreprit d'assurer le partage des biens communs et le groupement des parcelles *. C'était le prolégomène indispensable de l'affranchissement et de l'indépendance de la petite propriété rurale. Frédéric II indiqua les procédés et traça, les règles qui furent suivis au xix* siècle^. Mais, s'il obtint certains résultats *, il ne put qu'engager cette réforme. Ses efforts profilèrent surtout à l'aristocratie^; elles assurèrent seulement une meilleure constitution de la propriété seigneuriale à l'intérieur du bien noble, tandis que les communautés rurales s'en tenaient à l'ancienne confusion *.
La seule protection effective que l'autorité monarchique ait réussi, dans le cours du xviii" siècle, à exercer en faveur de la population rurale, la seule limitation très réelle qu'elle ait imposée à l'aristocratie foncière, n'est point due à une pensée humanitaire, mais à la préoccupation constante d'accroître la population d'un territoire à moitié désert, et d'assurer, avec le recrutement de l'armée, l'organisation défensive d'un Ëtat sans frontières".
On a vu comment, dans le désordre de la guerre de Trente ans,
1 . Stadelmann, Publ. ans den k.pr, Staalsarch., XI, pp. 619, 632. — Meitzen, p. 396.