AVANT-PROPOS
Le général de Castelnau, dont tous connaissent la glorieuse carrière militaire, continue, la guerre terminée, de servir son pays. Soit à la tribune du Parlement dont il est Vun des membres les plus écoutés, soit en différentes villes de la France, son verbe ardent lutte pour les bonnes causes. C'est ainsi qu'il a prononcé dans son ancien collège, chez les Jésuites de la rue de Madrid, à Paris, un éloquent discours sur la formation des élites par l'enseignement secondaire.
Nous avons cru que ces paroles, reproduites au Canada, pourraient y dissiper bien des préjugés. Il nous fallait l'autorisation de leur auteur. Elle nous a été accordée aimablement non seulement pour ce discours, mais pour tous les autres écrits du général. Nous profitons aussitôt de cette généreuse permission en faisant suivre ce premier discours d'un second prononcé à l'Institut catholiqtte de Paris.
Les Éditeurs
Discours prononcé à la distribution des
prix du collège Notre-Dame,
rue de Madrid, Paris
Mes chers Amis, >^
M. Le Cordier, le si distingué directeur de votre collège, et votre R. P. Recteur, le capitaine de Verdière, ^ ont bien voulu me demander de présider la cérémonie qui vous assemble ici en ce moment.
J'ai un instant hésité devant l'honneur qui m'était fait; il comporte, en effet, un devoir très difficile à accomplir pour un vieux soldat comme moi, le devoir de prendre solennellement la parole en public. Or, vous le savez sans doute, si la noble profession des armes donne l'habitude du commandement et du verbe impérieux, elle ne favorise généralement pas l'éclosion et le développement des dons oratoires, comme vous allez le constater. J'avais donc des scrupules à vous imposer le supplice de m'entendre, ne serait-ce que pendant quelques rapides moments, à l'heure où vous êtes légitimement impatients de recevoir la juste récompense de vos labeurs de l'année, et de goûter, au milieu des chers vôtres, le charme d'un repos bien mérité.
Reconnaissance des chefs
Mes hésitations se sont vite dissipées à la voix si persuasive du capitaine de Verdière. Au cours de l'effroyable guerre qui vient de finii', nous, les chefs, nous avons tant demandé à nos subordonnés, et ils nous ont tant et si généreusement donné, que, nous mclinant devant leur héroïque