CLASSIFICATION DES MOTIFS
àvorable ou défavorable. « Si donc il s'astreint à parler e langage usuel, un homme j)eut difficilement éviter le tomber, en apparence, dans des contradictions perpéuelles. Ses propositions paraîtront, d'une [)art, contraires i la vérité : d'autre part, hostiles à l'utilité. En lant que >aradoxes, elles exciteront le mépris; en tant que paraioxes malfaisants, l'indignation » ^*'*. Ce fut le tort de tfandeville de vouloir ex[)rimer de nouvelles idées morales dans un langage ancien **'\ Le remède consiste à nettre de côté l'ancienne terminologie, à réformer le angage de la morale ; et, puisque l'erreur fondamenale qui vicie le langïige, c'est le sentimentalisme, qui ittribue une valeur bonne ou mauvaise aux motifs pris in eux-mêmes, il faut renoncera désigner les motifs par les termes sentimentaux ou passionnés, pour recourir à les termes neutresy n'impliquant aucune idée d'approbaion ou de blâme, se borner à les connaître en les clasant, d'après leurs conséquences, comme motifs sociaux eux- mêmes distingués en purement sociaux et demioeiaux), dissociaux, et personnels. Alors il sera devenu >ossible de parler de la morale non plus en littérateur it en satirique, mais en savant, avec impartialité et )bjectivité.
L' « Introduction aux Principes de la Morale et de la i^slation » nous apparaît donc maintenant comme le «>int d'aboutissement d'un long progrès intellectuel [ont nous avons essayé très succinctement de marquer es étapes» Parmi les idées qu'énonce Bentham, et qui
se sont popularisées sous son nom, quelles sont celles dont on peut le tenir pour l'inventeur ? Il est malaisé de répondre à cette question. Bentham n'a pas inventé l'arithmétique morale, dont on retrouve les éléments
chez Maupertuis, chez Beccaria, chez Hartley, chez llutcheson et jusque chez Hobbes. Il n'a pas inventé le princiiKî de l'utilité, dont la formule est chez Hume. Il n'a piis inventé la formule du « plus grand bonheur du plus grand nombre », qui se trouve chez llutcheson, chez Beccaria, chez Priestley. Peu im- |H>rte, d'ailleurs, chez quel penseur individuel, à quelle date déluiie, il a découvert les principes de sa philo-» Sophie: le i>lus simple et le plus vrai, c'est de dire (pril les a empruntés au langage courant de la pensée ronlern|H>raino. Le pivpre des écrivains de l'école utililaiiv, et, entiv tous, de Bentham, ce sera d'être moins de grands inventeurs que de grands arrangeurs d'idées: iTesl-i^e piis gr;Uv à ce génie de Tarrangement logique \\\\\\ reduis;mt eu formules la philosophie courante de Irm- \H\\s t^i do leur sitVie, ils missiront à constituer tiiir eiole. où se pivfesMMXi une doctrine collective?
Uu petit aller plus loin: les principes élémentaires Miii le'iqm^bi \\ fou\lo si dvvtrine, Bentham en a-t-il liimpiM la complexité et lol^S'Hirité réelles, telles Mu'olle« le.Morleut |vur nous, à présent, de l'étude de leni do\e|oppemeid lu>toruiue ? A-t-il vu que le prin- ,.||.i. do r.».>*o*MtuMi des uKvs et le principe de Futilité lui u»»MMo counH^leut nIos inlerpivlations diverses et iiiiul Ol»o vvM^^^^^^l^^*U^uv^ outiv cllos ? Il Dc le Semble