LE PROBLÈME MORAL
de l'esprit humain, c'est d'aboutir à la pratique et de rendre possible une nouvelle logique, une nouvelle morale, une nouvelle pédagogie^. C'est seulement après sa mort que Stuart Mill, son fils et son élève, écrira la logique de Tassociationisme. Mais déjà Benlham et James Mill ont travaillé à constituer la pédagogie et la morale des utilitaires : il semble même que ce soient des préoccupations pédagogiques qui aient rappelé l'attention de Bentham sur les problèmes fondamentaux de l'action. En 1794, au moment où il préconise^ pour remédier au paupérisme, tout un système d'assistance et d'instruction publiques, nous le voyons déjà occupé à tracer le plan d'une théorie de la vertu ^ . En 1814, au temps de la propagande chrestomathique, il revient à ces questions et commence à rédiger sa t théorie du convenable », sa « Déontologie »*. Mais il distingue aussitôt entre deux formes de la déontologie, l'une « privée » et l'autre « publique » ; et comme ce sont toujours les problèmes législatifs et sociaux dont la solution le préoccupe, il se désintéresse de ses recherches de morale proprement dite ou de « déontologie privée », pour travailler à une « Déontologie publique », qui, après bien des remaniements, deviendra son « Code Constitutionnel ». En 1829, Macaulay fait ses débuts littéraires à la « Revue d'Edimbourg » ^ par une violente attaque dirigée, en particulier, contre les théories constitutionnelles de James Mill, et, d'une façon générale, contre tout le système et tout le groupe utilitaire. Bentham considère qu'il est urgent do répliquer, com-
munique à Bowring, directeur de la < Revue de Westminster »^, les éléments d'une apologie de la morale utilitaire, et reprend la rédaction de sa « Déontologie » , qui finira par paraître, après sa mort, mise au net par Bowring ^ En 1829 aussi, Mackintosh, le réformateur du droit pénal, le collaborateur et Tami de Bentham, lui fait une place importante dans sa < Dissertation sur la Philosophie morale », parmi les moralistes dont il passe les systèmes en revue ^ ; mais c'est pour distinguer entre la philanthropie de Bentham, efficace, admirable, et le système philosophique qu'il professe, détestable, stérile. James Mill réplique par un « Fragment » où il réplique à ces objections, et qui sera publié seulement en 183o, trois ans après la mort de Mackintosh ^ C'est ainsi que les derniers travaux du maître et du disciple se trouvent consacrés à la définition des principes de leur système moral. Les dernières recherches de James Mill, qui fonde sa morale sur une psychologie de la volonté, les dernières réflexions de Bentham, qui sont la conclusion de quarante années d' études sociales et de philanthropie pratique, ne peuvent elles conduire l'interprète- du Benthamisme à une
connaissance plus complète et plus précise de la doc
trine utilitaire?
La loi de l'association des idées régit, sans distinction , les pouvoirs intellectuels et les pouvoirs actifs de resprMft.t humain : étendre au domaine de l'action, aux sentie ments moraux, l'application de la méthode de Hartle^^, c'est un des objets que se propose James Mill **. MaL ^