‹ La formation du style par l'assimilation des auteursChapitre 120 sur 141 · TAINE ET L'ANTITHÈSE · texte numérisé non relu

TAINE ET L'ANTITHÈSE

du moins la discipline. Quoiqu'il aime la moquerie, il est resté catholique. Quoiqu'il ait horreur de l'ennui, il a vénéré la régularité littéraire. Un peuple ainsi composé ressemble à un troupeau de chevaux fringants, mais dociles. Ils ne vont qu'ensemble et sur les pas d'un chef. (Essais de critique et d'histoire, p. 317.)

Tels sont les écrivains, classiques ou modernes, qu'il est nécessaire d'étudier, pour féconder son style par l'assimilation de l'antithèse, considérée comme procédé général d'écrire et comme tournure d'esprit à acquérir. Il n'est pas besoin, bien entendu, d'étudier minutieusement tous ces auteurs. 11 suffit d'en choisir deux ou trois qui répondent à vos goûts.

Ces exemples de bon style, grandioses surtout chez Bossuet et que l'on trouve chez tous les bons écrivains, prouvent combien Charles Nodier a eu tort d'appeler l'antithèse « une figure symétrique et maniérée, qui ne se montre en abondance que dans les littératures dégénérées ; figure aussi incompatible avec la belle construction poétique qu'elle l'est avec la vérité et la raison ; qui brise, qui mutile, qui dénature la pensée ; qui donne à la période un ton sec, monotone, qui contraint l'esprit à s'occuper sans cesse de comparaison et de contrastes 1. »

En résumé, de tout ce que nous venons de dire dans ces deux derniers chapitres il résulte que l'antithèse est, au contraire, un des plus sûrs

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