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CHAPITRE I De la lecture comme procédé général d'assimilation

Gomment doit-on lire ? — Fausses méthodes de lecture. — Développement du goût. — La vraie lecture. — La lecture et le talent. — Faut-il beaucoup lire ? — But de la lecture. — Quels auteurs faut-il lire ? — Résultats généraux de la lecture.

La lecture peut être considérée comme la source même de tous les procédés d'assimilation du style. Elle les engendre et les résume. Elle sera donc le principe général de la méthode exposée dans ce livre.

Lire, c'est étudier ligne à ligne une œuvre littéraire.

La lecture forme nos facultés, nous les fait découvrir, éveille les idées, crée et soutient l'inspiration. C'est par la lecture que nous naissons à la vie inteL

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lectuelle. C'est à la suite d'une lecture qu'on devient écrivain. Elle nous révèle à nous-mêmes. Elle enseigne l'art d'écrire, comme elle enseigne la grammaire et l'orthographe.

La lecture est la plus noble des passions. Elle nourrit l'âme, comme le pain nourrit le corps. « Ce geôlier, disait Napoléon Ier à Saint t Hélène, en parlant d'Hudson Lowe, qui gênait se? promenades, ce geôlier devrait savoir que l'exercice est nécessaire à mes membres comme la lecture à mon esprit \ » Alphonse Rarr a appelé la lecture : « Une absence agréable de soi-même ». Les grands écrivains ont passé la moitié de leur vie à lire. « Je n'ai jamais eu de chagrin, dit Montesquieu, dont un quart d'heure de lecture ne m'ait consolé. » Un livre est un ami sur qui l'on peut toujours compter. « Faites de belles lectures », écrivait Alphonse Daudet à un confrère en proie à un grand deuil.

Rappelez-vous la première lecture de votre jeunesse. Quelle impression ! Quel éblouissement ! Les années n'effacent pas ce souvenir. Il domine la vie. Pourtant, ce premier livre n'était peut-être qu'un livre ordinaire, qui vous paraîtrait bien insignifiant, si vous le relisiez aujourd'hui.

La plupart des Manuels de littérature insistent sur

la nécessité de la lecture. Malheureusement ils ne

donnent que des conseils superficiels. On doit lire,

1. Bonaparte, à Brïenne, était, grand liseur. Il mettait au désespoir le libraire du collège. — Érasmel a écrit sur la lecture une curieuse lettre, peu connue, trop longue à citer ici. Voir aussi Sénèque (Lettre 84).

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