Cf. infra, p
Pour nous en tenir aux régions du nord-ouest, le fait avait déjà été constaté par Le Play. 11 nous dit, en effet, que, dans l'opinion des manufacturiers de la Plaine saxonne, de la Hesse et du Nassau, « le patron qui voulait créer un nouvel atelier était moralement tenu d'assurer le bien-être et la sécurité des ouvriers qu'il y appelait. Dans ce but, les usines nouvelles devaient être complétées par des habitations pourvues de petites dépendances rurales, par des écoles, des chapelles, par les secours de la médecine et de la pharmacie* ».
M. de Rousiers a également constaté le fait à propos de l'étude des institutions annexes d'un tissage de Miinchen-Gladbach ^, près de Krefeld : « L'Allemagne, dit-il, est essentiellement un pays de paternalisme, c'est-à-dire un pays dans lequel ceux qui occupent les situations dirigeantes sont portés à considérer le bonheur des gens qu'ils dirigent comme l'affaire propre des dirigeants. »
La chose m'est confirmée à plusieurs reprises, et l'on me répète que les patrons de la Ruhr et de la Wupper font beaucoup pour leurs ouvriers.
Or, il est bien évident qu'une telle conception du rôle du patron complique singulièrement sa tâche, rend son action moins souple, exige de gros capitaux, paralyse à ses débuts les grandes affaires, tout en les protégeant plus tard contre une concurrence trop anarchique.
Pour donner une idée de l'étendue que peut atteindre le patronage en Allemagne, il faut naturellement étudier une grande usine prospère. Nous prendrons comme type la fabrique de produits chimiques de Leverkusen, dont nous avons déjà parlé.