Ouvriers européens, t. III, ch. iv, § 21, p
2. Le paternalisme allemand (Science sociale, t. XXXJ, p. 389).
Je dois d'abord dire que le personnel dirigeant comprend des ingénieurs sociaux qui ont pour fonction unique de s'occuper du patronage des ouvriers en dehors de ce qui concerne le travail. Leurs fonctions ne constituent pas une sinécure, comme on va le voir.
Par suite du transfert des établissements principaux dans la petite localité de Leverkusen, et aussi de leur accroissement rapide, la société a dû se préoccuper de la question du logement des ouvriers. Une petite ville a été peu à peu créée autour de la fabrique, et d'après un plan d'ensemble. Pourtant, elle est loin de loger tous les ouvriers, et elle n'est pas près de pouvoir le faire. Chaque année, 120 logements nouveaux sont construits et le personnel s'accroît en moyenne de 2 à 300 têtes par an.
Il y a actuellement près de 300 maisons contenant chacune 4 logements; ce n'est pas la maison-caserne, mais ce n'est pas non plus le cottage. Une disposition plus ou moins semblable a prévalu dans les cités ouvrières d'Essen et de Mûnchen-Gladbach ; on y trouve d'un côté 4 et 8 familles, et de l'autre 6 à 9 dans une seule maison*. Le pays étant peu accidenté, on peut se demander pourquoi le type du cottage n'a pas prévalu?
Peut-être y a-Wl une raison d'économie, car un grand capital^ est évidemment immobilisé dans ces constructions. Néanmoins, il faut croire que les familles ouvrières s'en accommodent aisément et ne font pas une question essentielle de l'occupation d'une maison entière.
Il faut dire que le patron ne se fait pas propriétaire dans un but lucratif. Ainsi, à Leverkusen, le taux du