Id., ibid., p
2. L'essor de ce dernier rencontrait en outre des obstacles directs de la part d'une législation surannée sur la libre circnlation des personnes, snr l'usure, etc.
particulière, non pas qu'il soit inconnu ailleurs, mais ici il est singulièrement puissant et caractéristique. Nous devons donc en chercher les causes.
Extension du phénomène de Tintégration en Allemagne. — Peut-être reste-t-il un doute au fond de l'esprit du lecteur. Peut-être pense-t-il que l'industrie chimique constitue un phénomène trop exceptionnel en Allemagne, et se demande-t-il ce qui serait advenu si j'avais poussé mes investigations sur le bassin de la Ruhr au lieu de diriger mes pas vers la Wupper.
Je vais le dire en deux mots, et je vais même supposer que le métier choisi ait été, non pas celui de métallurgiste, mais celui de mineur.
Dans ce métier, les mines allemandes et spécialement celles de la Ruhr possèdent des éléments de supériorité très nets sur celles de l'étranger. Je rappelle à cet égard la déclaration que fit un ingénieur à M. de Rousiers lors de l'une de ses enquêtes : « Quand nous voulons caractériser en Westphalie une mine inférieure par son outillage, nous disons qu'elle est exploitée à l'anglaise^. »
Nous aurions eu à analyser ces points de supériorité, et nous aurions trouvé qu'ils n'ont pas trait à l'exploitation minière proprement dite, mais bien à l'utilisation des sous-produits. Anciennement, les mines de houille n'étaient que des mines de houille, et c'est encore le cas de beaucoup de charbonnages belges et surtout anglais : le charbon est vendu sans transformation à la cUentèle ; une grande quantité est consommée sous cette forme^ soit par le chauffage domestique, soit parce que certaines industries ont besoin de charbons flambants
1. Hambourg et l'Allemagne contemporaine (A. Colin, édit., 1902), p. 81.
(verreries, navigation), soit enfin parce que l'exportation par mer est très facile.
C'est le moment de se rappeler que l'industrie houillère s'est développée plus tardivement en Allemagne que dam les pays précités. Or, elle a eu d'autant plus de mal à débusquer ceux-ci des positions acquises que les gisements qu'elle exploite sont plus éloignés de la mer*. Elle s'est vu forcée de transformer elle-même le charbon qu'elle ne pouvait vendre.
Il paraît que le charbon westphalien jouit de propriétés spéciales pour la fabrication du coke'^, et cet élément de prospérité fut soigneusement exploité. C'est ainsi, par exemple, que la Westphalie exporte une notable quantité de coke en Lorraine.
L'esprit d'économie aidant, on en vint vite à l'utiUsation des sous-produits, à la fabrication du goudron, du sulfate d'ammoniaque, du benzol. Bref, les charbonnages se firent fabricants de produits chimiques.
Ces sociétés sont donc devenues de grandes affaires. Venues plus tard, elles ont pu du reste profiter des derniers progrès réalisés dans l'outillage. La chimie et la métallurgie, avec leurs tendances à l'intégration sont venues accentuer le phénomène de concentration et ont facilité les progrès techniques de l'ensemble, y compris ceux qui ont trait à l'outillage de l'exploitation minière. Nous serions donc retombé sur le phénomène du patronage des mines de houille par la chimie.
L'intégration est arrivée à un tel degré d'extension que beaucoup de mines ne sont plus que des annexes de la fabrication.
Par exemple, Krupp et Thyssen possèdent des mines