Hambourg et l'Allemagne contemporaine, p
de houille et de fer, des hauts fourneaux, des aciéries et des ateliers de construction ; la grande société Guthoffnungshûtte extrait elle-même son charbon, et ainsi de suite.
La tendance à l'intégration est tellement grande en Allemagne, que certains fabricants de produits chimiques ont tenu à posséder des mines.
C'est ainsi que la société F. Bayer, de.Leverkusen, s'est entendue avec deux autres usines similaires* pour acheter la mine Augusta-Victoria, à Huis, près de Liidinghausen (Westphalie). A cette mine sont annexés des fours à coke avec récupération du goudron et du benzol, une fabrique de sulfate d'ammoniaque et même une briqueterie. Cette dernière a été faite pour utiliser les schistes que l'on retire du sous-sol en même temps que la houille.
Il est possible que l'entreprise minière des sociétés chimiques provienne du désir de se réserver un charbon particulièrement apte à l'usage qu'on veut en faire, mais il faut probablement voir aussi dans ce fait une manifestation de l'entente corporative des Allemands, et de la tendance à l'intégration.
En tout cas, les Farbenfahriken ont jugé bon d'étendre plus loin encore leur système d'in;égration, et cette fois dans un domaine où ne les poussait aucune nécessité immédiate.
Aux usines de Leverkusen sont, en efiet, annexés une menuiserie, une chaudronnerie, une tonnellerie et des ateliers de constructions mécanique et électrique, parce que la société fabrique elle-même ses emballages et une partie de son outillage. J'ajouterai qu'il y a aussi
1. La Bndische Anilin- und Sodafabrik de Ludwigshafen et la Berliner Aktien geseltschaft fur Farbenfahriken.
il6 LES INFLUENCES MATÉRIELLES
une imprimerie et des ateliers de reliure où Ton édite les brochures, les prospectus, les notices pharmaceutiques. Il est inutile d'ajouter que tous ces services accessoires ne travaillent pas pour le public, mais seulement pour les besoins de la maison.
Le but poursuivi, me dit-on, est d'assurer l'indépendance complète de la fabrique, d'arriver à ce qu'elle se suffise à elle-même. De cette façon, on est certain d'être toujours servi à temps.
Peut-être y a-t-il aussi au début l'idée d'échapper aux conditions draconiennes d'un Kartell possible ; cette idée semble avoir guidé l'entreprise minière, mais alors pourquoi la mine Augusta-Victoria a-t-elle fini par s'affilier au Rheinisch-Weslphàlisches Kohlensyndikal'i C'est que les conditions du milieu allemand poussent fortement à l'entente corporative.
A côté des forces économiques qui poussent à l'intégration dans certaines industries modernes, il y a, en outre, en Allemagne des forces sociales qui agissent dans le même sens et viennent renforcer le phénomène. Il y a une tendance générale à l'agglomération.
Je trouve les mêmes tendances dans les industries électriques. Je laisse de côté la fabrication des accumulateurs, dont nous avons déjà dit un mot* et qui forme une spécialité se rapprochant des industries chimiques. La plupart des autres usines fabriquent tous les appareils depuis les dynamos jusqu'aux interrupteurs.
J'ai pu visiter à Berlin les vastes établissements de Siemens et Halske, qui occupent plus de 10000 ouvriers. Je constate d'abord, ce qui est naturel, que l'on y fabrique tout l'outillage nécessaire aux installations de lumière et de force motrice, puisque la société entre-