‹ La formation sociale du Prussien moderneChapitre 47 sur 96 · Voir supra, p · texte numérisé non relu

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Nous avons vu aussi que les protestants perdent plus facilement leur foi que les catholiques, cela provient de ce qu'ils sont moins fortement encadrés par leurs prêtres qui ne sont que de purs fonctionnaires de rÉtat.

La natalité est plus élevée en moyenne dans les familles catholiques que dans les familles protestantes. Toutefois il faudrait, avant de conclure, tenir compte du fait que les croyances sont moins vives dans les dernières, et que l'aisance y est plus répandue. Dans rOuest, beaucoup d'industries ont été créées par des patrons calvinistes français ou hollandais, et leurs descendants ont réussi à prendre une part très large dans la direction de la grande industrie moderne. Les régions catholiques pauvres de l'Eifel, de la Silésie, de la Pologne, voire de TltaUe, sont au contraire les grands réservoirs qui fournissent les manœuvres.

Trois cultes sont officiellement reconnus par l'État prussien : le culte évangélique, le culte cathohque et le culte Israélite. Ce sont les pouvoirs publics qui prélèvent et qui répartissent les taxes d'église des cultes officiels. Ces taxes sont greffées sur les autres impôts communaux. A Berlin, le montant de ces taxes ne s'élève qu'à 20 pour 100 de celui des autres impôts, pour les fidèles du culte évangélique, carie nombre des églises est peu élevé, puisqu'elles ne peuvent contenir qu'un centième de la population. A Egerstorf, petite paroisse de Liinebourg-hanovrien, ils s'élèvent à 25 pour 100. A Elberfeld, à 35 pour 100 pour les catholiques, chiffre très élevé provenant de ce fait que le nombre des fidèles pauvres exempts de la taxe est assez élevé. En dehors des taxes qui servent à l'entretien des immeubles et aux besoins du culte, l'État alloue un salaire aux prêtres évangéliques et catholiques.

Un culte est privilégié j celui des calvinistes français à Berlin. La richesse de la congrégation est telle que les fidèles sont exempts de tout impôt d'Église.

Les autres cultes sont simplement tolérés. Non seulement les fidèles ont à fournir spontanément les ressources nécessaires, mais aussi à pourvoir au traitement du personnel. Les personnes qui quittent un culte officiel doivent encore payer la taxe d'église pendant trois ans. En général, les indifférents paient la taxe, parce qu'il est très mal noté d'être ostensiblement un athée.

Examinons maintenant chacun de ces cultes en essayant de dégager son rôle social. Nous laisserons de côté les sectes dissidentes qui sont peu importantes, et c'est là l'une des manifestations du manque de vitalité du protestantisme dans l'Allemagne moderne.

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