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Les races humaines (J.-B. Baillière et fils), p

Même au point de vue religieux, malgré des dogmes souvent semblables, nous avons constaté des divergences profondes dans les résultats pratiques, ce qui ne peut provenir que d'une formation sociale différente.

Le sens de la responsabilité est beaucoup moins cultivé et moins développé en Allemagne qu'en Angleterre. De plus, les individus, plus portés à l'action collective, sont moins disposés à courir des risques, en quoi ils se rapprochent beaucoup des Français; mais, moins soutenus par leur famille que ces derniers, ils cherchent un appui plutôt dans les associations et les corporations ou dans les privilèges de classe. C'est aussi cette horreur du risque qui amène la pénurie de pionniers que nous avons signalée.

En abandonnant la méthode d'investigation par compartiments étanches, et en adoptant un procédé plus fécond, tout observateur reconnaîtra que les formations sociales de l'Anglais et du Prussien sont basées sur des données différentes. Or, il est bien évident que les faits actuels n'ont pas à s'accommoder à des théories historiques plus ou moins parfaites. Ce sont au contraire celles-ci qui doivent s'élargir de façon à tenir compte aussi bien de l'état actuel que des textes légués par le passé. En d'autres termes, l'histoire et la sociologie ont à se prêter un mutuel appui.

Au moment où j'écrivais les premières lignes de cet ouvrage, l'Empire allemand forgé par la Prusse violait outrageusement la neutralité de mon pays, après l'avoir solennement garantie.

Je me suis pourtant efforcé de juger sans passion. N'avons-nous pas intérêt à connaître les qualités de nos ennemis bien plus que leurs défauts?

Mais d'autre part, laisser ces derniers dans l'ombre, ne serait-ce pas présenter une vue inexacte des choses ? Aux enquêtes futures à juger si nous sommes bien restés dans le plan de l'objectivité.

Nous ne pouvons donner ici un exposé complet de la méthode que nous avons employée. Nous devons nous borner à renvoyer le lecteur aux fascicules déjà parus de notre Cours de méthode (Science Sociale^ 2® période, fasc. 98, HO et 122). Nous recommandons également le Précis de science sociale de M. Paul Roux ^ qui donne une vue résumée, mais complète de la marche à suivre pour observer, analyser et classer.

Il est bien entendu que la science doit chercher à déterminer les répercussions bien plus que les faits bruts. C'est Tinverse, il est vrai, que font certains investigateurs; ce procédé est employé surtout en Allemagne, car avec des équipes disciplinées on peut classer méthodiquement un amas d'observations diverses. Cela est très commode pour le chercheur et dans sa reconnaissance il est enclin à vanter la science allemande, mais faire un bon répertoire n'est pas faire une œuvre scientifique. Or, autant il est relativement aisé de déterminer un fait, autant il est délicat d'établir une répercussion, c'est-à-dire l'action d'un fait sur un

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