‹ La Forme Asphyxiante Aiguë De La Carcinose Secondaire Du PoumonChapitre 6 sur 14 · INTRODUCTION. HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. HISTORIQUE

Jusqu'au milieu du siècle dernier on peut dire que l'étude de la carcinose secondaire du poumon __ avait été à peine effleurée, tant dans les traités de médecine que dans les traités de chirurgie. Aussi pouvons-nous en diviser l'histoire en deux périodes. La première allant jusqu'en 1863, époque où Wagner publia quatre cas de « cancer des vaisseaux lymphatiques pulmonaires et pleuraux ». Jusqu'à cette époque certains médecins avaient bien été frap- pés au cours d’autopsie de sujets morts de cancer de trouver les lymphatiques pulmonaires remplis d’une matière « comme tuberculeuse ». Andral dans ses cliniques médicales de 1840, en cite un exemple chez une femme morte d’un cancer à l'utérus. On ne peut guère jusqu'en 1863 trouver que quelques observations éparses et sans commentaires, tous ces fait étant regardés comme des curiosités d’autopsie. Dès que Wagner eut publié ses cas, les observations, tant en France qu’à l'étranger, se sont multipliées, sans doute parce que l'attention avait été attirée sur cette variété de complications des tumeurs. Nous . entrons dans la seconde, période,

De nombreux travaux ont été publiés. La thèse de Troisier en 1874, celle de Cunéo en 1900, les publications de Troisier et Letulle en 1901 et celles de Bard en 1906, beaucoup d'auteurs étrangers, M. B. Schmidt en particulier ; nous ont montré que la carcinose secondaire du poumon n'était plus considérée comme une curiosité : mais ils se sont efforcés d'en dégager une description clinique, d'en rechercher l’étiologie et la pathogénie. Plus près de nous MM. Bernard et Cain en 1913, Hitschmann et Cristofoletti, Hunter, Fargues (Thèse de Paris 1924) et bien d’autres ont encore ajouté aux travaux déjà parus. Mais pour tous ces auteurs, la carcinose secondaire du poumon n'est qu'une lymphangite secondaire à évolution plus ou moins aiguë. |

Ayant eu l’occasion d'observer à l'Hôpital Tenon dans le service de M. Lœper, un cas de métastase pulmonaire à forme asphyxiante aiguë chez un homme de 45 ans, M. le D' Turpin, notre ancien interne, nous a suggéré de le rapporter dans notre thèse. Ce cas mérite évidemment d'être signalé ; l’évolution rapide de cette complication n'étant pas la règle et n'ayant pas été jusqu'à présent signalée d'une façon particulière,

En compulsant toute la littérature parue sur cette queslion, nous avons trouvé seulement trois observations se rapprochant de la nôtre dans les» quelles la mort survint en 48 heures au milien d'ac

__ cidents d'asphyxie aiguë rappelant ceux de l'embolie pulmonaire massive. Et encore notre observation retient l'attention à d’autres points de vue. C'est un “exemple particulièrement démonstratif de carcinose secondaire pulmonaire asphyxiante venant s'ajouter à de très rares observations analogues. L'allure dés accidents fut à tel point dramatique que cette forme mérite bien le qualificatif d’ asphyxiante, Les manifestations présentées par notre sujet aidèrent à con-

fondre les accidents pleuro-pulmonaires avec ceux

de l'infarctus. L'anatomo- -pathologie nous montre

des lésions particulières du parenchyme pulmonaire,

lésions peu décrites jusqu'à nos jours, les auteurs considérant la carcinose secondaire du poumon comme une infiltration cancéreuse portant presque éxclusivement sur le tissu lymphatique : dans notre observation nous voyons l’action adjuvante dé la thrombose veineuse oblitérante venant ajoute” ses effets à ceux des embolies capillaires artérielles et : précipiter ainsi brutalement les accidents asphyxiants® par l'intermédiaire de lésions œædémateuses aiguës.

Page 1