‹ La forme chrétienne de l'assurance populaire [microforme]Chapitre 10 sur 12 · Î 76 LA FORME CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

Î 76 LA FORME CHRÉTIENNE

système: elle s'est adonnée hardiment à le développer, Paméliorer, à le compléter. C’est au point qu'aujourd'hui,

les organisations sectaires ont plutôt des points à envicr à L'Union Franco-Canadienne,

| Ainsi, par exemple, aucune de ces organisations, non

plus que les associations catholiques qui les avaient imitées

les premières, n’appliquait aux fenimes les bénéfices de Ja mutualité. Cétait une lacune sérieuse et sans justification:

car l'épouse du travailleur à droit, presqu’autant que luimême, de participer aux avantages de l'assurance populaire

et de l'épargne que celle-ci comporte, pour en faire profiter

sa famille, à son décès. Nous admettons, cependant, que

les secours en maladie ne sont pas aussi indispensables à la femme, et qu'ils impliquent, du reste, en son cas, des: ris-

ques trop grands. Mais 1l est admis que la femme:a une durée moyenne de vie à peu de chose près égale à celle de l'homme. 1/Union Franco-Canadienne à pris l'initiative

de mettre en pratique cette théorie. Elle a créé une sec-

tion toute spéciale de sa ‘Caisse de dotation’?, pour y admettre les femmes aux bénéfices de l’assurance sur la vie

— leur refusant ceux de la maladie. Cela, elle le : fait moyennant des taux de contributions mensuelles légèrement plus élevés que ceux des hommes, et en limitant l’âge d'admissibilité entre vingt et quarante-un an, au lieu

| de seize ct cinquante-cinq ans pour les hommes.

ll L'Union Franco-Canadienne à choisi, pour Popération

de sa ‘Caisse des malades”, le système de centralisation

des fonds, à l'instar des meilleures organisations neutres et | sectaires, qui, sous ce rapport encore, ne lui sont en rien |

supérieures, ni préférables. Mais elle a constaté que, dans l'application de ce système, comme dans le cas de toutes les institutions humaines, essentiellement perfectibles, se glissaient de graves abus qu'il importait de réformer et de faire diparaître au plus tôt, pour assurer la permanence de l'institution. Sur ce terrain encore elle a devancé toutes les associations rivales. Elle constata ce qu'il y avait à faire pour contrebalancer les tentatives de fraude, les efforts de mauvaise foi, de la part de faux frères qui s’introduisent au sein de la mutualité, sans être dans des conditions normales de santé ou dans le dessein d'exploiter, par égoïsme, cette bienfaisante institution, au lieu d’y entrer pour l'aider à accomplir son œuvre humanitaire, au profit de ceux qui en ont un besoin réel et absolu. En conséquence, et par une série de certificats habilement préparés, arrangés de façon à arracher la vérité aux plus réfractaires; par le contrôle de ces certificats, laissé aux seuls médecins attitrés de l’ Association; par le renouvellement régulier de ces certificats; par l'obligation de l’enrégistrement ( ou recommandation }) de l’avis de la maladie; par la réduction

Alu montant primitif de ses bénéfices de maladie au chiffre

adopté par les sociétés neutres et sectaires; par une légère augmentation des taux de contributions pour la ‘‘ Caisse des malades”; par la stipulation de retenues en certains

cas; par l’abolition des bénéfices de maladie en cas d’inva-

lidité ainsi qu’à soixante-dix ans, etc., ete. [L’Union Franco-Canadienne prit les moyens de réagir contre ces funestes abus, des moyens efficaces auxquels les autres

‘associations n’avaient pas encore songé; et le résultat qui s’en est suivi semble indiquer qu’elle est en voie de réussir.

L'Union Franco-Canadienne, tout en renonçant à faire aucune déduction sur les contributions de ses membres à sa ‘‘Caisse de dotation”, pour les frais d'administration, ainsi que nous Pavons vu plus haut, continuait de retenir un quart des contributions à la ‘Caisse des malades”, dans ee but, Klle imitait en cela la plupart des associations de mutualité, Mais elle n’a pas tardé à s’apercevoir que, sur ee point encore, 1l Jui incombait la tâche de donner le ton d’une réforme non moins plausible que radicale. Aussi a-t-elle inmmédiatement résolu qu'à Pavenir, et dès que son Conseil Général et son Comité de législation et d’organisation, convoqués d'urgence, auront pu adopter un décret en ce sens, elle ne soustrairait plus un seul sou aux contributions ni de l’une, ni de l’autre de ses ‘Caisses’. Les frais d'administration devront être et seront, d’après des calculs très-précis, entièrement couverts par la cotisation spéciale et uniforme de vingt-cinq centins par mois que chaque membre sera appe à verser pour les frais d'au ministration générale, àu lieu de les verser pour Padministration de cours, cercles où succursales, comme dans la plupart des autres associations. Déjà, L'Union Franco-Canadienne exigeait ce 25 cents de cotisation spéciale de ses adhérents qui ne s’inscrivaient qu'à la ‘‘Caisse de dotation”. Pour ceux qui prenaient les deux ‘‘Caisses”, elle réduisait à 10 cts ectte cotisation spéciale ,retenant 15 cts sur les contributions de la ‘Caisse des malades”? aïin de compleer le 25 ets de Padmanistratiqn. Cette distinction va cesser, Chaque adhérent paiera 1 25 cts; 1e produit des contributions mensuelies passera tout entier au crédit du

DE L'ASSURANCE FOPULAIRE 79

sociétaire, dans l’une et l'autre ‘Caisse, dont les opérations seront ainsi beaucoup plus liquides pour l'association ct satisfaisantes pour le sociétaire.

L'Union Kranco-Canadienne s'était aperçue que l’un des pires obstacles au bon fonctionnement des associations de mutualité, c’est la variation trop fréquente des éléments de leur direction. Les fonctions d'officiers, dans presque toutes ces associations, étant entièrement électives, il arrive bien souvent que, soit les caprices, soit les intérêts des membres ou de leurs députés changent arbitrairement les directeurs, et compromettent ainsi le caractère primitif, l’uniformité de tendances de Passociation, en altérant perpétuellement sa direction. L'Union Franco-Canadienne a voulu obvier à ce péril sérieux. Elle a organisé son gouvernement sur le pied d’un véritable gouvernement constitutionnel. Elle à sa Chambre législative, composée de députés représentant tous ses membres. C’est le Conseil Général qui siège régulièrement une fois par année, et, spécialement, quand le Président Général-en-Conseil juge à.prepos de le convoquer. Le Conseil du Président Général—lequel est choisi par ce Conseil lui-même—, c’est le Bureaa de direction, dont les membres sont désignés par le Conseil Général. Il représente le eabinet ou comité permanent du Conseil Général, et fait en même temps les fonctions d’Exécutif.- A part et au-dessus de ces deux premiers corps—Conseil Général et Bureau &e d' ‘etion—s’en trouve un ‘troisième, appelé Comité spécial d’org nisation et de législation, et figurant le Conseil Législatif. Les membres de ce Comité ne peuvent être plus de douze. Ils sont

nommés à vie et inamovibles, sous réserve de bonne conduite. Ils ont pour mission spéciale de reviser la législation adoptée au Conseil Général, avant que le Bureau de direction ne lui donne effet. [ls peuvent ratifier cette législation et la confirmer ainsi, ou bien Pannulér en la désavouant,. Ils ont juridiction exclusive sur les matières d'organisation ou de propagande de lPassociation. Au Conseil Général, par son Comité permanent, le Bureau de direction, est réservée l’exclusive juridiction sur les matières d’administration.

Le Conseil Général remplace les congrès où assembl£es générales qui forment ordinairement les corps législatifs des associations de mutualité. L'Union Fra: co-Canadienne évite ainsi une injustice dans la représentation de ses membrés à cette assemblée constituante, Dans le cas d’une simple assemblée générale, chacun payant ses propres frais de représentation, n’y assistent le plus souvent que les mem-" bres demeurant à proximité du lieu de réunion, et ce sont toujours les mêmes. Ceux qui demeurent au loin ne sont pas portés à se charger de gros frais de déplacement, et s’abstiennent, Le Conseil Général de L'Union Franco-Canadienne ne comprend que deux délégués par diocèse, mais les frais de ces députés sont supportés par l’assocration, dont tous les'adhérents, même les plus éloignés, se trouvent ainsi représentés en égale proportion à l’assemblée législative. Tous les membres qui le désirent sont, de plus, autorisés à prendre part aux sessions du Conseil Général, mais avec voix consultst‘ve simplement: les délégués réguliers ayant seuls voix délibérante.

onion “eCion nt.

ion ral,

est mii-

[es tifs nne Pnple de

ont

, et Caèse, lase xn-

élé-

em

ont

Tout en accomplissant ces réformes, cependant, L'Union Franco-Canadienne s’est toujours imposé pour principe de ne donner aucun effet rétroactif aux amendements qu'elle fuit à ses règlements et à sa constitution. De cette façon, ses adhérents, quoi qu’il arrive, sont toujours assurés de rester à perpétuité dans les conditions de participation auxquelles ils ont souscrit en entrant dans l’association. Pour les nouveaux membres, ils sont mis au courant des changements opérés, et ils y souscrivent, en faisant leur entrée dans l'association, s'ils le jugent à-propos. C’est un immense avantage que présente L'Union Franco-Canadienne sur la généralité des associations, qui se réservent, dans leurs constitutions, le pouvoir de donner un effet rétroacti* à leurs amendements, sur tous leurs membres, anciens comme nouveaux. Pour avoir pensé-trop tard à effectuer ces réformes nécessaires, ces associations se trouvent souvent réduites à l'obligation d’en faire peser la charge sur leurs sociétaires admis à d’autres conditions, et de soulever ainsi des récriminations, quelquefois violentes, contre la mobiité de la mutualité; d’exciter même, parfois, des révoltes fatales. Le fait d'éviter ces écueils, en entreprenant à point les réformes requises, de façon à ne les faire point peser sur ses adhérents préalablement inscrits, vaut assurément à L/Union Franco-Canadienne, dans 1e public, un courant de particulière confiance et d’ardentes sympathies.

L’ Union Franco-Canadienne, 11 la fausse interprétation qu'on est trop naturellement porté à donner au rôle des associations et sociétés de bienfaisance, au point qu'or

cherche trop souvent à les exploiter comme de simples institutions de charité; vu aussi les soupçons et les préjugés qu'éveille invinciblement dans les esprits, aujourd’hui, la simple expression ‘secours mutuel??, a résolu de modificr foncièrement son orientation sur ce point, en abandonnant l'usage de ces termes de ‘‘bienfaisanee et de secours mutuel”? et, jusqu’à un certain point, la pratique trop peu discrète de ces choses, bonnes en elles-mêmes mais dont on abuse. Ces préjugés contre le ‘Secours mutuel”” viennent des piètres résultats auxquels ont abouti déjà un trop grand nombre d'entreprises de mutualité absolue, constituées sous ce titre.

Pour parer à cet inconvénient, L'Union Franco-Canadienne organise son fonctionnement sur un pied purement d'affaires, tout en conservant son caractère essentiellement national et catholique, en même temps que humanitaire, dans la mesure du possible, ‘Elle se présente dorénavant au publie comme une ‘‘Association catholique et nationale d'assurance populaire À taux fixes et d’ économie sociale?”

Rieu ne prouve mieux l'importance attachée à ce double caractère de L'Union Franco-Canadienue, par ses directeurs, que les articles 5 et 6 de sa Constitution.

‘ Arr, 5— Le sceau de cette association se compose d’un disque portant à l’intérieur les mots :

Page 1