L'UNION FRANCO-CANADIENNE, MONTRÉAL
Pour NorrE For Er Nos FoyERs’’.
# Dans un couronnement de feuilles d'érable se dessine le Sacré- Cœur de Jésus surmonté. de la Croix. Dans.le haut du dessin
apparaît un castor, et, au bas, la poignée de main de la mutualité. ‘ART 6— L'Union Franco-Canadienne se met sous l'égide du Sacré-Cœur de Jésus, qu’elle adopte pour son patron’.
Voici de quelle heureuse manière #’ expliquent les belles armoiries qui viennent d’être décrites, d’après le 3eme ‘apport annuel du Secrétaire (rénéral de L'Union Franco- Canadienne, en date du 1er février dernier :
‘Elles évoqueront à la pensée de tous le double caractère de l’œuvre poursuivie par L'Union Franco-Canadienne : régénération sociale : ‘Pour notre for”; progrès économique :‘‘Pour nos foyers”. Elles rappelleront que, par la mutualité (la poignée de main) sur le terrain neutre et excellent de la bienfaisance, où tous les catholiques et Canadiens-français peuvent et doivent fraterniser à l'aise, nous voulons travailler à l'avancement de la cause catholique et nationale (la Croix, le Castor et les Feuilles d’Erable ).
‘N’ignorant pas que l’épreuve et les contradictions naissent spontanément de l'affection et du dévouement que l’on professe pour cette grande et noble cause (comme la Croix jaillit du Cœur enflammé du Rédempteur), nous n’en sommes pas pas moins résolus à les servir de toutes nos forces, dans le ferme espoir que nos efforts contribueront à reconstituer une ‘‘ Nouvelle France”? catholique, c’est-à-dire une fille cadette de la France en Amérique : ce que signifient les fleurs de lys, en bordure, rayonnant autour de notre blason’”.
Une attitude aussi vaillante ne pouvait manquer d’attirer à L'Union Franco-Canad.enne les sympathies non équivoques des chefs ecclésiastiques et des laïques bien pensants. C’est ce qui est arrivé effectivement. En même temps que nombre de laïques compétents, hommes d’affaires, hommes d’œuvres, publicistes, se donnaient la main
pour l’encourager dans ses patriotiques efforts, tous Nos Seigneurs les archevêques et évêques du Canada français, au nombre de douze, s’accordaient unanimement pour donner à [/Union Franco-Canadienne leur approbation entière et leurs insignes encouragements. C’est à un honneur et une distinction que nulle autre association de mutualité catholique et française n’avait encore obtenus.
L'Ordinaire de larchidiocèse de Montréal, $S. G. Mgr Paul Bruchési, a donné l'exemple. En acceptant la position de Président d'honneur et de Haut Protecteur de L'Union Franco-Canadienne, il écrivait aux directeurs, entre autres choses :
‘ Vous dites que le but de votre Kociété, c’est de: promouvoir les intérêts religieux et sociaux de la race canadienne-française ; ce dessein est trop noble pour ne pas mériter mon entiè re approbation et tout mon encouragement.
‘ Vous déclarez aussi votre intention de marcher toujours sous l’égide de l’ Eglise catholique et de suivre fidèlement les conseils qui vous viendront de la part de l'autorité ecclésiastique ; dans ces bonnes résolutions, je me plais à voir un gage dé prospérité pour L'Union Franco-Canadienne??
De son côté, le vénérable évêque de St-Hyacinthe, Mgr L.Z. Moreau, écrivait au Secrétaire Général de E/Union Franco-Canadienne:
‘Je désire beaucoup le succès et la prospérité de L'Union Fran: co-Canadienne, parce qu'elle est religieuse et nationale, et qu'elle me parait basé sur des règles prudentes, consciencieuses et sages, ce que n’ont pas l’avantage de posséder ces sociétés sans, religion qui viennent des Etats-Unis et d’'Ontario, et qui inondent malheureusement notre provinee de Québec, Je déplore beaucoup, pour
ma part, cet engouement de nos compatriotes à s’affilier à des sociétés étrangères, dont ils ne connaissent pas l'orientation, les tendances, ni le fonctionnement. Aussi, sont-ils grandement exposés à subir, plus tard, un mécompte et des pertes bien regrettables. Ils ne manquent pourtant pas, à cet égard, d'avis désintéressés et salutaires. 7
Mgr M. T. Labresque, évêque de Chicoutimi, s'exprime comme suit:
‘ [Test certain que, dans notre siècle, le peuple désire protéger et promouvoir ses intérêts, par les associations de toutes sortes. C’est sôn droit naturel, comme c’est le devoir des pasteurs de le diriger, en cela comme en tout le reste, Le Souverain Pontife recommande £ax évêques de détourner, avec 2èle et prudence, les ‘atholiques des associations neutres, parce qu’[l les considère com
me trop souvent suspecles et dangereuses, et de les engager, en même temps, à s’aflilier aux associations franchement catholiques.
‘ Mais je considère que les évêques, pour s'acquitter de ce devoir avec prudence et charité, doivent s'assurer si les sociétés qu’ils encouragent et recommandent offrent des garanties sérieuses, non: seulement pour les intérêts spirituels des fidèles dont ils ont la garde, mais encore pour leurs intérêts purement temporels. «
‘€ Voilà, dans mon humble opinion, les garanties que trouveront dans L'Union Franco-Canadienne les catholiques qui désireront
.& y affilier,
‘© Au point de vue financier, des hommes d’affaires sérieux et d’une compétence incontestable, après avoir soigneusement étudié le système suivi dans votre société de bienfaisance à taux fixes, peuvent assurer consciencieusement qu’il offre toutes les meilleures garanties.
‘& Au point de vue moral, L'Union Franco-Canadienne, étant une association à la fois catholique et nationale, me parait réaliser toutes les conditions demandées par le Souverain Pontife pour qu'une société soit digne de l’encouragement des catholiques’”.
Enfin, le vénéré métropolitain de Pouest français, $. G. Mgr Langevin, archevêque de $St-Boniface, écrivait au vice-président de L/Union Franco-Canadienne :
‘Cette Société, je n’en doute pas, est appelée à rendre de grands services et la meilleure preuve en est que vous ne craignez pas la lumière : vous la recherchez, an contraire, pour rester toujours unis dans nn même esprit de Foi et de Charité avec vos premiers Pasteurs. C’est pour vous un gage assuré de succès, et je vous filicite d'avoir si bien compris qu'une œuvre canadienne-française devait être, pour réussir, une œuvre essentiellement catholique.”
Dans ces quatre citations se trouvent parfaitement résumées les notes principales qui distinguent [/ Union Francojanadienne: 1°, promouvoir les intérêts religieux et s0ciaux de la race canadienne-f ‘ançaise,en marchant toujours sous Pégide et l’autorité de l’Eglise catholique ( Mgr Bruchési); 2°, enlever aux organisations neutres et sectaires, du dehors, ie patronage exclusif ou principal de nos coreligionnaires et compatriotes ( Mgr Moreau ); 3°, répondre aux vœux formels exprimés par le Souverain Pontife et créer une association honnête, irréprochable, ouvrant ses rangs aux prolétaires, à côté des sectes et sociétés louches où mauvaises (Mgr Labrecque) ; 4°, enfin, opérer au grand jour, sur le terrain essentiellement catholique et français (Mgr Langevin).
L'Union Franco-Canadienne se présente donc comme le véritable terrain d’action sociale, pour organiser la résistance contre les mauvais courants économiques ; pour remplir la tâche de secourir les misères populaires, en leur assurant les secours de la mutualité, selon l’esprit de