OBSERVATION
Fo., âgé de 43 ans, dessinateur, entre dans le service de M. Devic, le 16 avril 1919 pour « troubles gastriques ,». Il a des antécédents banals : nie l'éthylisme et la syphilis et mobilisé aux armées à joui d’une bonne santé jusqu’en juillet 1918. À cette époque, à commencé à souffrir de l'estomac, ressentant des malaises aussitôt après les repas, consistant surtout en une pesanteur au creux épigastrique, avec bouffées de chaleur et régurgitations un peu acides. En août l'état s'est aggravé, le malade souffrait de ses jambes au moindre effort : on aurait même constaté de l’œdème remontant jusqu'aux cuisses, sans qu'aucune trace d’albumine ait été décelée dans l'urine. A l'heure actuelle le malade est très amaigri, il dit avoir perdu 15 kilos. Son teint est jaune paille. Il souffre toujours de son estomac, maïs ne peut localiser autrement sa douleur qu'à toute la région sus-ombilicale où il éprouve une impression de pesanteur. Depuis un mois il s'est mis de lui-même au régime des liquides par
LÉRO GAS
suite des difficultés qu'il éprouvait lors de l'ingestion des aliments solides et des vomissements qui la suivait. A l’examen, abdomen déprimé. Dyssymétrie nette au niveau du creux épigastrique, sa moitié gauche étant soulevée par une masse qui, à la palpation, occupe tout l’épigastre et déborde dans l'hypocondre droit. Au niveau du creux sus-claviculaire, ganglions nombreux. Pas trace d’œdème des jambes.
Le 16 avril 1919, à la radioscopie, le malade ne peut avaler que la moitié de sa soupe bismuthée, le reste refuse de passer. On note un œsophage plein de Bismuth, pas sensiblement dilaté avec des mouvements antipéristaltiques très accentués. On voit filtrer un petit filet de Bismuth qui descend en trainée verticale, arrive à former une ombre de la grosseur d'une noix, puis une petite traînée horizontale nettement sus-ombilicale décelant un très petit estomac. Le 17 le malade se plaint que depuis qu'il a absorbé son bismuth, il n’a pu prendre ni son potage, ni même de l’eau. La dysphagie est intense et il a rejeté à peu près tous les liquides qu'il à essayé de déglutir. La radioscopie montre qu'il reste encore après 24 heures, de la bouillie bismuthée dans l’æœsophage et dans l'estomac. L'œsophage, qui est encore plein, présente d'énergiques mouvements antipéristaltiques, l'image gastrique, très nette, est la même que la veille. On a en somme une colonne bismuthée continue du pylore au tiers moyen de l'æsophage, simplement un peu rétrécie au niveau du cardia. Le 18, sans ingestion d’une nouvelle soupe on trouve l’œsophage vide, mais l'estomac encore plein, offrant la même image. Le 22, le malade demande à sortir. Il est toujours dans le même état, c'est-à-dire que seuls passent, et encore, quand ils sont avalés lentement, les aliments liquides.