‹ La Forme Esophagienne Du Cancer De L'EstomacChapitre 8 sur 25 · EG UE · texte numérisé non relu

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leur origine loin de l’œsophage et notamment dans le cancer de l'estomac. Eichorst cite un malade atteint de carcinome pylorique constaté à l’autopsie et qui avait à cerfains moments des accès si violents de dysphagie que l’alimentation en était arrêtée. Ebstein, Osgood, font la même constatation. Hartmann dit que le spasme de l’œæsophage semble être parfois le résultat d’un réflexe dû à un cancer de l'estomac. Bouveret signale que diverses observations semblent démontrer que locclusion réflexe du cardia ou de l’œsophage peut-être provoqué par une affection organique de l’estomac. À ce propos il cite un cas de Poncet où un homme atteint de cachexie inténse avec dysphagie œsophagienne considérable est opéré. On trouve un cancer du pylore. Le malade succombe peu après et à l’autopsie on trouve cardia ef œsophage parfaitement sains. Ewald, Jaboulay, Richelot, Lacombe, citent des faits isolés. Bertrin, en 1885, puis Schrameck, en 1895, dans leurs thèses, groupent quelques faits d’œsophagisme symptomatique de cancer de Festomac. À lheure actuelle le fait est bien établi et la plupart des auteurs qui ont écrit sur le cancer de l'estomac font une place dans la symptomatologie si variée de cette affection aux troubles «dysphagiques d’origine spasmodique.

Pour bien préciser les choses, nous empruntons à Schrameck (Thèse. Lyon, 1895), l'observation suivante qui. pour nous, ajoute au tableau clinique le plus complet, l'avantage d’un protocole nécropsique indiscutable et très soigné et en fait le schéma de ce que nous appelens la variété réflexe de la forme œsophagienne du cancer de l'estomac.

= E., 58 ans, entre le 22 octobre 1894, Ses premiers

troubles remontent à Janvier 1893 : à cette époque prenuère sensation de poids épigastrique, puis douleur progressive et presque continue, non modifiée par les repas. L'appétit disparait ; les forces déclinent.

Dix mois plus tard, apparition de la dysphagie pour les solides. En janvier 1894, dysphagie telle que seuls les liquides passent ; apparition des vomissements. Le cathéter passe sans grande difficulté et sans hémorragie. On porte le diagnostic de cancer de l’œsophage.

A l'entrée la douleur épigastrique est toujours la même, augmentée légèrement par la pression. La dysphagie est très prononcée : efforts pour avaler la salive ; vomissements immédiats après chaque repas à type de régurgitations. Pas de clapotage, pas de tumeur. Le cathétérisme révèle un rétrécissement à 21 cm. des arcades dentaires, pas très douloureux. La sonde est retirée sans débris cancéreux. L'examen des liquides vomis d’odeur franchement butyrique n’a jamais donné de résultat positif au vert brillant ni au Gunzburg : acidité faible de 4 à 4,4 pour 1.000 acide lactique en quantité notable.

Le 6 janvier 1895 le rétrécissement situé à 21 em. des arcades est franchi maintenant facilement, on introduit même pour la première fois la sonde en caoutchouc. Toutefois plus bas, à 2 em. au-dessus du cardia, nouvel obstacle impossible à franchir.

L'existence de ces deux points rétrécis à été constaté plusieurs fois à quelques jours d'intervalle depuis deux semaines environ. Dilatation œsophagienne au-dessus du rétrécissement inférieur d’où on évacue avee la sonde environ un demi-verre d’un liquide jaunâtre, sans trace de bile, qui semble être de la salive accumulée : e’est

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du reste ce que le malade rejette spontanément souvent le matin. Après les séances de cathétérisme, le malade avale mieux.

La dysphagie dans la suite va croissante, la cachexie aussi et le malade meurt le 5 février 1895.

Autopsie : œsophage d'aspect normal, aucune dilatation, Muqueuse normale, paroi ni amincie ni épaissie, pas de varices œsophagiennes. Cardia absolument sain, pas même de fissure. Tumeur cancéreuse très nettement colloïde, très étendue, siégeant sur la grande courbure et à la face postérieure de l’estomac.

La tumeur n’a pas envahi le fundus et Ss’arrête au moins à » em. du cardia. Le pylore est envahi, mais non sténoés on peut facilement y introduire le doiët. L’histologie confirme la nature colloïde de la tumeur. A loœsophage examen de plusieurs points, notamment au cardia et aux endroits où pendant la vie siégeaient les rétrécissements : On n’y trouve aucune anomalie.

A. la lueur de la radiologie qui se révèle de plus en plus, comme le complément indispensable de toute tentave d'investigation dans le maquis des affections du tube digestif, nous voudrions maintenant apporter à l’isolement de cette variété symptomatique du cancer de lestomac, là contribution de quelques nouvelles observations.

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