Nassonoff. Zool. Jahresb.y
5. Reichenbacu. Z.f. tv. Z., 1877. — Nal. Gesflhch Frankfurl, 1886.
CINÉMATIQUE
la région réparatrice montre que celle-ci n'est pas déterminée par rapport à Tune ou à l'autre des deux extrémités blastoporiques, puisque nous venons de voir que cette position pouvait être buccale chez les Crustacés.
' L'étude des phénomènes chez les Vertébrés
conduit à une conclusion tout aussi nette, et même plus encore, car, dans l'Amphioxus qui nous servira de point de départ, le mésoblaste est non seulement dès le début mctamérique mais encore creux. On voit en effet, sur une coupe transversale, l'archentéron donner de chaque côté un diverticule, qui peu à peu grandit dans l'espace situé entre l'ectoderme et l'endoderme. Les deux diverticules se séparent peu à peu de l'archentéron par la fermeture de leur communication avec lui.
Si l'on examine la marche du phénomène sur toute la longueur de l'être, on reconnaît que les
diverticules précédemment décrits sont autant de poches, séparées
Fi g. 359. — Amphioxus lanceolalus k deax segments mésoblastiques, (Hatschbgk).
fj, s^, segments mésoblastiques; tp, ouverture à Textrémité du blastopore.
ee
ei
In
tn.
fif
in
Fig. 360. — Amphioxus lanceolatits à trois segments mésoblastiques, de profil (Hat-
SCHECK).
ecy ectodorme ; «n, endoderme ; cvy les deux cellules vitcUines, prétendues initiales mésoblastiques; m, canal neurentérique; ttiy tube nerveux ; np, neuropore ; m, segment mésoblastique.
en ?n
Fig. 361. — Amphioxus lanccolatus à 5 segments mésoblastiques, figure modifiée d'après Hatsciieck.
ec, ectoderme; c», endoderme; et», les deux cellules vitellines; ciiy canal neurentérique; fn, tube nerveux; npi neuropore; m, segment mésoblastique.
les unes des autres par des cloisons transversales et produites
FORMATION DU MESOBLASTE
d'avant en arrière. Chacune communique pour son compte avec Tarchentéron et se sépare isolément de lui. Une semblable formation se rapporte trait pour trait au plissement du Scyphopolype (fig. 359, 360, 361).
A la partie tout à fait postérieure de l'être et sur la face ventrale du trou blastoporique, existent deux cellules un peu différentes des voisines et auxquelles Hatscheck* a donné le nom à' initiales mésodermiques^ cv. Cette désignation consacre Tidée préconçue de considérer comme primitif le processus par cellules initiales. Nous aurons l'occasion d'y revenir ; signalons seulement que, dans le cas présent, ce n'est point l'expression d'un fait, car les poches mésoblastiques débutent aussi loin que possible des cellules en question et n'ont aucun rapport avec elles.
Chez tous les autres Vertébrés, comme nous l'avons dit, l'archentéron n'existe pas, et un processus métabolique doit non seulement le renforcer comme chez les Arthropodes, mais le refaire tout entier. On ne peut dès lors pas attendre que le mésoblaste survienne par des plissements simples; il sera le résultat d'une reconstruction.
En étudiant les œufs d'Amphibiens, nous voyons le mésoblaste faire son apparition première dans la région où l'archentéron a été le moins complètement détruit, c'est-a-dire vers l'anus de Rusconi, reste du blastopore. Il se fait en ce point deux légers enfoncements, disques réparateurs du mésoblaste, dont les cellules prolifèrent, se multiplient et se glissent entre l'ectoderme et les cellules vitellines, transformant à leur contact celles-ci par une différenciation in situ, dont le caractère métabolique est assez frappant (fig. 362).
Assez loin du lieu d'origine, quand la différenciation a continué son œuvre quelque temps, la segmentation commence à se manifester, refaisant ainsi par une voie détournée les masses segmentaires directement formées chez l'Amphioxus, et dont ici le creusement est encore postérieur à la segmentation (fig. 363) •
Fig. 362. — Coupe longitudinale montrant la réparation mésoblastique chez un Amphibien.
eCf ectoderme ; ev, endoderme vitellin ; «r, endoderme réparé ; dr, disque réparateur du mésoblaste; m, mésoblaste.